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Rapport 2010 sur le Développement humain : Performance, déception et innovations

Rapport 2010 sur le Développement humain : Performance, déception et innovations
Dernière mise à jour le 08/11/2010 à 11:05

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a dévoilé le 4 novembre, son rapport 2010 sur le développement humain. Intitulé “La vraie richesse des Nations: les chemins du développement humain”, ce rapport classe le Maroc à la 114 ème place (sur 180 pays) en terme d’IDH (Indice de développement humain), soit un bond en avant de 16 places par rapport à l’année précédente.

Mieux, le Maroc se classe 10ème parmi les pays les plus performants en termes d’IDH entre 1970 et 2010. Selon ce rapport, ces bons résultats seraient dûs au fait que le royaume a adopté des “politiques sociales actives qui semblent avoir apporté des changements majeurs”.

“Au cours des 40 années menant à 2010, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans au Maroc. Aujourd’hui, 61% des enfants marocains sont scolarisés. Dernier élément notable: le Maroc présente actuellement, un revenu par habitant égal à 2,7 fois celui d’un pays tel que la Côte d’Ivoire qui présentait en 1970, un niveau de développement comparable au Maroc”.

Extrait du Rapport 2010 du PNUD sur le Développement Humain.

Néanmoins, le Maroc reste dans la catégorie des pays à développement humain “moyen” et bien qu’il n’y ait pas encore de réactions officielles suite à ce classement, certains médias nationaux parlent de “déception” au niveau des pouvoirs publics.

“À en juger par les commentaires dans les rangs du gouvernement, le Maroc reste déçu par un tel rang”, écrit l’Économiste dans son numéro daté du 8 novembre 2010.

Rappelons que les 15 et 16 janvier derniers, à la suite d’une rencontre internationale, les experts nationaux avaient eu gain de cause quant à leur contestation des “critères de développement complètement dépassés retenus par le PNUD”.

Un an après cette polémique, l’instance onusienne a donc décidé de revoir ses méthodes, introduisant dans le rapport de cette année, trois nouvelles mesures qui rendent compte de l’inégalité multidimensionnelle, des disparités de genre et de la pauvreté multidimensionnelle.

L’ajustement de l’IDH aux inégalités

Ce dernier rapport a donc introduit l’IDH ajusté aux inégalités (IDHI), une mesure du développement humain des individus dans une société, en tenant compte des inégalités.

L’IDH d’une personne “moyenne” dans une société est inférieur à l’IDH global lorsqu’il y a une inégalité dans la distribution de la santé, de l’éducation et du revenu; plus l’IDHI est bas, plus l’inégalité est forte. Cette mesure a été appliquée à 139 pays et ce sont les populations d’Afrique subsaharienne qui souffrent des déficits les plus importants du fait d’inégalités substantielles dans les trois dimensions (santé, éducation et revenu).

Une nouvelle mesure d’inégalité de genre

Les désavantages que subissent les filles et les femmes constituent une source majeure d’inégalité. Trop souvent, elles souffrent de discrimination en matière de santé, d’éducation et sur le marché du travail −avec des répercussions négatives sur leurs libertés-.

L’indice d’inégalité de genre montre que: l’inégalité de genre varie énormément d’un pays à l’autre, les déficits dûs à l’inégalité de genre s’échelonnant de 17 à 85%.

Les Pays-Bas figurent au premier rang en termes d’égalité de genre, suivis par le Danemark, la Suède et la Suisse. Les pays avec une haute inégalité entre les genres souffrent d’une distribution inégale de développement humain. Parmi les pays particulièrement mauvais sur les deux fronts se trouvent la République centrafricaine, Haïti et le Mozambique.

Une mesure multidimensionnelle de la pauvreté

Tout comme le développement, la pauvreté est multidimensionnelle. Le Rapport de cette année introduit l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) qui complète les mesures basées sur le revenu.

Cet indice indique entre autres le nombre de gens qui sont pauvres, mais il peut aussi être explosé par région, ethnicité, etc. Ainsi, environ 1,75 milliard de personnes dans les 104 pays couverts par l’IPM, vivent dans une pauvreté multidimensionnelle, souligne le rapport.

L’Afrique subsaharienne affiche la plus forte incidence de pauvreté multidimensionnelle, celle-ci variant de 3% en Afrique du Sud à 93% au Niger. Pourtant, la moitié des “multidimensionnellement” pauvres vivent en Asie du Sud (844 millions de personnes), et plus d’un quart vivent en Afrique (458 millions).

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