Aufait Maroc

Apéro géant : « Kam » prête à recommencer, mais « un peu différemment »

Apéro géant: « Kam » prête à recommencer, mais « un peu différemment »
Dernière mise à jour le 23/03/2011 à 10:34

Un an après l’apéro géant de Rennes, qui avait focalisé l’attention sur les rassemblements festifs improvisés via Facebook, l’organisatrice « Kam » se dit prête à recommencer mais « un peu différemment », alors que les autorités surveillent désormais de près ce genre d’initiative.

« Pourquoi pas ? c’était une soirée vraiment sympa… Je pourrais le refaire, mais un peu différemment », dit cette étudiante de 23 ans qui a choisi le pseudonyme de « Kam » pour « éviter tout problème ».

« C’était bien, même si j’ai été un peu déçue par les comportements de certains qui étaient venus pour casser des bouteilles et des flics », a-t-elle expliqué à l’AFP.

Le 25 mars 2010, son invitation postée sur Facebook « par envie de faire la fête et de sortir du quotidien » a réuni au centre de Rennes une foule de près de 5.000 jeunes, pour une soirée sans incident – hormis 18 évacuations pour excès de boisson.

« J’ai été contactée par beaucoup de gens qui voulaient savoir comment j’avais fait, mais j’ai vite arrêté de répondre, je n’avais pas fait ça pour créer un mouvement », explique Kam.

L’apéro de Rennes a eu un effet boule de neige dans d’autres villes, comme Metz, Brest ou Caen. Mais à la mi-mai, la mort de Brice, un jeune de 21 ans tombé dans la Loire en état d’ivresse pendant un apéro géant à Nantes, a fait réagir les pouvoirs publics.

« Il y a eu une prise de conscience vis-à-vis de ce que les réseaux sociaux pouvaient générer sur la voie publique », a expliqué Nicolas Maurice, responsable de l’unité internet au service communication de la préfecture de police de Paris, lors d’une récente conférence à Rennes sur le thème « le pouvoir des foules ».

Très vite, les autorités se sont efforcées d’identifier les organisateurs pour les dissuader en agitant la menace de poursuites judiciaires. Objectif: faire annuler les événements, comme à Angers et Nancy. A défaut, les interdire au cas par cas, comme à Chambéry, Annecy ou Troyes.

Pourtant, la marge de manoeuvre des autorités est limitée, car le risque de troubles à l’ordre public se heurte au droit de manifester et à la liberté de réunion, comme le souligne un cabinet d’avocats missionné pour un forum sur la sécurité urbaine.

« Sans préjuger de l’efficacité des services de police judiciaire, il est permis de douter de l?effectivité des poursuites pénales et civiles », à cause des problèmes d’identification liés au fonctionnement même des réseaux sociaux, écrit le cabinet YMFL – Millon.

De fait, Kam n’a eu aucun problème. « Personne n’a cherché à (la) contacter » avant l’événement et « personne ne (l’a) trouvée » après, vu qu’elle avait créé un « faux profil » Facebook, vite désactivé.

Au final, les sanctions restent rares: à Angoulême, l’initiateur de l’apéro géant du 17 avril 2010 dit avoir reçu une facture de 2711,99 euros pour les frais engagés par l’Etat pour les secours. Ailleurs, « il n’y a eu aucune suite concrète », selon Eric Bergeault, fonctionnaire chargé de réfléchir sur l’accompagnement des rassemblements festifs.

Pour Kam, « interdire ne sert à rien: il faut faire confiance aux jeunes, ce n’est pas parce que des jeunes se réunissent que ça va être le bazar, mais les gens ont peur ».

La gestion des « nouveaux rassemblements liés aux réseaux sociaux » sera au centre d’un colloque organisé fin avril, en marge du Printemps de Bourges.

A lire aussi...

Annonces immobilières

Louez, achetez et vendez grâce à la plus large offre immobilière au Maroc.

Retrouvez-nous sur Facebook

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque matin l'essentiel de l'actualité nationale et mondiale.

Recevez notre newsletter

 Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité nationale et mondiale.

×