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Italie : Silvio Berlusconi à Lampedusa, rappelle l’Europe à l’ordre

Italie: Silvio Berlusconi à Lampedusa, rappelle l’Europe à l’ordre
Dernière mise à jour le 09/04/2011 à 17:57

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s’est réjoui samedi de l’évacuation de milliers de migrants de la petite île de Lampedusa, mais a rappelé l’Europe à ses responsabilités face à ce qu’il a qualifié de « tsunami humain ».

« Vous avez vu, nous avons tenu parole. Tout est sous contrôle », a clamé le Cavaliere sous les applaudissements d’habitants venus l’accueillir au port.

« Il y 48 heures, il n’y avait plus un seul immigré », a-t-il poursuivi en conférence de presse, après une visite dans les ruelles de Lampedusa et sur la « colline de la honte », enfin vidée de ses immondices.

Mais durant sa visite, pas moins de quatre embarcations chargées au total de centaines de migrants, et venues soit de Tunisie soit de Libye, ont continué d’aborder sur la côte.

Et ces arrivées vont se poursuivre, a prédit M. Berlusconi qui a une nouvelle fois appelé l’Europe à « ne pas se soustraire à ses responsabilités ».

« Ce n’est pas un problème italien, mais un problème européen », a-t-il répété, ajoutant qu' »il ne peut y avoir de réponse égoïste » face à ce « tsunami humain ».

L’Italie a annoncé jeudi son intention de délivrer à tous les migrants tunisiens arrivés avant le 6 avril des permis de séjour temporaires de six mois qui, selon Rome, devraient leur permettre de circuler dans l’espace européen Schengen, ce que contestent vivement Paris et Berlin.

Selon M. Berlusconi, « le bon sens voudrait que soit trouvé rapidement un accord » avec Paris, qui « doit se rendre compte que 80% (des migrants tunisiens) déclarent vouloir rejoindre des parents et des amis en France ».

« S’il n’y a pas d’accord nous serons contraints de les placer dans des centres d’accueil où nous ne pouvons les garder que six mois et après, ils seront libres de rejoindre la France », a-t-il assuré.

A propos de l’Allemagne, la chancelière Angela Merkel « ne pourra que convenir qu’il faut définir une réponse commune de l’Europe », a affirmé M. Berlusconi.

Pour les immigrés arrivés après le 6 avril, M. Berlusconi a annoncé qu’à compter de lundi, deux vols seraient organisés chaque jour de Lampedusa pour les rapatrier directement.

« Nous comptons sur la dissuasion psychologique », a-t-il dit. « Quand ils sauront que tous les citoyens tunisiens sont immédiatement rapatriés, tous ceux qui ont l’intention de venir se demanderont si ça vaut la peine de dépenser plus de 1.000 euros et de courir le risque de traversées dangereuses », a-t-il ajouté.

Mercredi dernier, au moins 150 personnes, pour la plupart des Ethiopiens, Erythréens et Somaliens, ont trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation surchargée venue de Libye.

Selon Rome, 25.800 migrants ont débarqué en Italie depuis le début de l’année, la plupart sur l’île de Lampedusa, confetti de 20 km2 situé à moins de cent kilomètres des côtes nord-africaines.

Le 30 mars, lors d’une première visite sur l’île où s’entassaient alors depuis des semaines des milliers d’immigrés dans des conditions d’hygiène épouvantables, M. Berlusconi avait promis aux habitants de vider Lampedusa de ses migrants en « deux, trois jours ».

Se réjouissant que « le gros du nettoyage (ait) été fait », le Cavaliere a annoncé samedi « un plan extraordinaire de promotion » de Lampedusa à la télévision, la restructuration du port, une demande de « zone franche » pour l’île, une candidature pour le prix Nobel de la Paix… Et le milliardaire a confirmé qu’il serait « très vite propriétaire d’une petite maison à Lampedusa ».

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