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Construire nos entreprises : Quand deviendrons-nous grands ?

Construire nos entreprises : Quand deviendrons-nous grands ?
Dernière mise à jour le 22/04/2011 à 10:13

Après 60 années d’indépendance, des administrations continuent d’exiger de la part des entreprises marocaines, des références qu’elles ne peuvent pas produire. Ainsi, pour construire un stade de football de 80.000 places, il faut en avoir déjà construit deux similaires…

Tous ceux qui ont créé des entreprises au Maroc et ont essayé de soumissionner dans des projets de l’État, ont eu à affronter cette problématique. Pourtant ces entreprises internationales qu’on préfère aux entreprises marocaines ont bien dû elles-mêmes commencer un jour? La Lyonnaise des eaux ou Véolia ne sont pas nées avec la gestion des biens publics inscrite dans leur patrimoine génétique!

Si nos gouvernants n’adoptent pas une politique volontaire pour inciter à la création de groupements nationaux capables de réaliser tous types de projets, qui va le faire?

À ses débuts, le Groupe Bouygues ne construisait que des logements. Ce qui n’a pas empêché l’État français de lui confier la réalisation d’une centrale nucléaire et de 200 Km d’autoroute. Les responsables français soucieux de créer un know how national, n’ont pas préféré les américains, ils n’ont pas renvoyé Bouygues en lui disant “vous devez avoir déjà construit deux centrales nucléaires”.

Tout projet est réalisable par toute entreprise qui met en place les ressources humaines, les équipements et les moyens financiers nécessaires. Ce sont ces moyens là qui permettent la réalisation des travaux, ce ne sont pas les références.

Aujourd’hui de nombreuses opportunités s’offrent aux entreprises marocaines pour entrer dans le secteur des services concédés. Acquérir une expérience locale leur permettrait d’aller conquérir des parts de marchés dans toute l’Afrique. Pourquoi l’État ne lance-t-il pas des projets ouverts aux entreprises nationales, au lieu de les exclure d’office en leur demandant de présenter des références similaires?

De nombreux secteurs sont concernés: dans plusieurs villes et régions du Maroc, il y a possibilité de donner aux entreprises marocaines la gestion de l’eau et de l’électricité, des déchets ménagers, des transports, de l’irrigation, des ports… Autant de métiers d’avenir appelés à se développer, notamment en Afrique.

Staréo, filiale de Veolia et du groupe Hakam-Bouzid, détentrice du marché des autobus du grand Rabat a finalement renoncé la semaine dernière à exploiter son contrat de transport urbain. D’autres filiales de Veolia, -Amendis et Redal-, ont la gestion de l’eau et électricité de Tanger et Rabat. Les problèmes sociaux qu’elles connaissent, ainsi que la forte contestation de leurs tarifs, pourraient les amener à prendre d’autres décisions de résiliations.

Si les pouvoirs publics s’étaient plutôt engagés dans une politique de développement de groupements 100% nationaux, il y a fort à parier que les choses se dérouleraient autrement et que des solutions purement locales auraient pu être trouvées face aux difficultés rencontrées. D’autant plus que dans le cas de Veolia, les pouvoirs publics vont également devoir gérer la relation politique et économique entre le Maroc et la France.

Finalement nous Marocains, nous devons aller à l’étranger pour que nos compétences soient reconnues… Un groupement Marocain constitué par la CDG, l’ONEP et Delta Holding gère depuis 3 ans l’eau de tout le Cameroun.

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