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Guantanamo : les médecins militaires ont « fermé les yeux » sur la torture

Guantanamo: les médecins militaires ont « fermé les yeux » sur la torture
Dernière mise à jour le 26/04/2011 à 20:31

Les médecins et psychologues militaires en poste à Guantanamo ont « fermé les yeux » sur les tortures qu’y subissaient les détenus en ne cherchant pas à connaître l’origine des maux dont souffraient leurs patients, selon une étude publiée mardi.

Codirigée par un ancien militaire et un représentant de l’ONG Physicians for Human Rights, cette étude est publiée dans la revue spécialisée PloS Medecine.

Elle s’appuie sur les témoignages et l’examen des dossiers médicaux de neuf détenus assurant avoir fait l’objet de tortures dans la prison américaine située à Cuba.

« Les personnels médicaux et psychiatriques affectés à Guantanamo ont négligé ou dissimulé les preuves médicales des douleurs » subies par leurs patients, assurent les auteurs.

« Dans trois cas sur neuf, le dossier médical rapporte des blessures physiques correspondant à de mauvais traitements », comme des hématomes, des os fracturés, des lacérations ou des sciatiques, détaillent-ils.

Au delà, « l’accès aux soins pouvait être lié aux besoins des interrogateurs ». Ainsi un détenu a attendu quinze jours avant qu’une blessure grave à la cheville soit soignée, un autre pense que la mention dans son dossier médical de maux de dos chroniques a encouragé les interrogateurs à utiliser contre lui la méthode des postures inconfortables tenues pendant des heures.

Dans un autre cas, des psychologues de l’armée décrivent les symptômes présentés par un détenu: cauchemars, trous de mémoire, déficit de concentration, manque d’appétit, pensées suicidaires. « Le dossier médical indique ensuite que des antidépresseurs lui ont été prescrits et qu’on lui a dit: +il faut vous détendre quand les gardes deviennent plus agressifs+ ».

La présence de membres du personnel médical lors des interrogatoires et le rôle qu’ils ont pu jouer dans l’élaboration de techniques coercitives sont déjà connus. Mais il s’agit de la première étude de fond sur la passivité de ceux dont la mission était de soigner les détenus, assure à l’AFP Vincent Iacopino, un des auteurs.

« Il n’y a pas eu de révélation jusqu’ici sur la manière dont ces professionnels de santé ont fermé les yeux », a-t-il précisé.

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