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Le Maroc table sur une augmentation de 350 millions d’euros du CA du secteur électronique en 2015

Le Maroc table sur une augmentation de 350 millions d’euros du CA du secteur électronique en 2015
Dernière mise à jour le 24/05/2011 à 16:12

Le secteur de l’électronique au Maroc, qui a généré un chiffre d’affaires (CA) de 450 millions d’euros en 2010, table sur une croissance de 350 millions d’euros additionnels en 2015, a affirmé mardi à Paris le ministre de l’Industrie, du Commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Reda Chami.

Cette croissance se traduira par la création de 9.000 emplois directs supplémentaires d’ici à cette échéance, contre 5.500 actuellement, a précisé M. Chami lors d’une conférence au « Carrefour de l’industrie Electronique et Numérique (CIEN) », le salon de création de partenariats et de veille technique du secteur en France (24-26 mai), auquel le Maroc veut positionner en force sa filière électronique.

A l’horizon 2020, le chiffre d’affaires du secteur devrait croître de 547 millions d’euros de PIB additionnels et générer jusqu’à 14.000 emplois directs supplémentaires, a ajouté le ministre qui présentait le potentiel de l’industrie électronique au Maroc devant des journalistes et des chefs d’entreprise participant à ce salon.

Selon le ministre, le secteur de l’électronique, qui se décline en trois sous-secteurs: la mécatronique, l’électronique embarquée et la fabrication de cartes à puces, dispose d’un fort potentiel, mais qui demeure inexploité.

Bien qu’il fut érigé en tant que l’un des Métiers Mondiaux du Maroc (MMM), le secteur de l’électronique a été « le moins développé » par rapport à la vision initiale contenue dans le pacte de l’émergence industrielle, a-t-il reconnu, en citant plusieurs raisons, notamment la crise qui a poussé les entreprises à privilégier le « mode survie » à celui de « l’expansion ».

M. Chami a également évoqué le facteur de la structure même du réseau de l’industrie électronique, constitué généralement de petites PME qui ont besoin de plus de courage pour investir à l’étranger, auquel s’ajoute celui du manque de « pro-activité » des pouvoirs publics pour essayer d’attirer ces PME.

D’où, a-t-il souligné, cette participation en force des entreprises marocaines au CIEN, et la signature d’une convention de partenariat entre l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) et la Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication française (FIEEC), organisatrice du salon, ainsi que le projet de désigner un agent commercial spécialisé dans la micro-électronique.

Il a, à cet égard, assuré que le Maroc veut désormais se positionner comme « un hub pour les entreprises électroniques à destination de l’Europe et du reste du monde », en mettant en avant la stratégie marocaine pour le développement du secteur.

Cette stratégie repose sur trois axes: des infrastructures et service « World class », un pool de ressources compétitif et des aides à la formation, ainsi qu’un cadre sectoriel incitatif.

Pour ce qui est des infrastructures, le Maroc dispose de 22 plateformes industrielles intégrées et des quartiers dédiés au secteur de l’électronique à Casablanca, Kénitra et Tanger, offrant un régime administratif allégé (guichet unique), des infrastructures et services avec une qualité et des coûts aux standards internationaux, ainsi qu’une offre logistique de classe mondiale autour du port Tanger Med.

S’agissant des ressources humaines, M. Chami a évoqué l’objectif de formation de 9.000 profils spécialisés, sans oublier les aides aux entreprises à travers l’exonération totale des charges sociales pendant 24 mois pour le 1er emploi et l’aide directe à la formation pendant les 3 premières années.

Concernant le cadre sectoriel, il a passé en revue les différentes mesures incitatives proposées en zone franche, tel la réduction de l’Impôt sur les sociétés, l’exonération de la TVA à l’import et à l’export, et les aides financières à l’installation.

Il a, à ce propos indiqué, que l’Etat peut proposer des « offres sur mesures pour les investissements de grande envergure », allant d’une fiscalité des dédiée à des solutions de co-financement, en passant par la réalisation d’infrastructures et des subventions d’investissement.

Le ministre a, à cet égard, plaidé pour la « co-localisation », un concept qu’il préfère à celui de la « délocalisation », en ce sens que lorsqu’une entreprise décide de s’installer au Maroc, elle est assurée de l’aide et l’accompagnement nécessaires de la part des autorités pour qu’elle puisse tirer profit du potentiel de croissance du marché local et renforcer sa compétitivité à l’international.

Outre l’animation de cette conférence, M. Chami a présidé la signature d’une convention de partenariat entre l’AMDI et la FIEC visant le développement des échanges d’informations.

Les deux partenaires s’engagent sur une période de deux ans renouvelables, à organiser des missions d’affaires d’entreprises ainsi que des actions de promotion de l’industrie électronique marocaine en France. L’organisation d’un salon dédié à la filière au Maroc peut aussi être envisagée, selon Mohamed Amrabt, directeur de l’AMDI-France.

Cette sixième participation du Maroc au salon FIEC est pilotée par « Maroc Export ». Sur une superficie de 180 m2, une douzaine d’entreprises marocaines spécialisées exposent leur savoir-faire dans les domaines de la fabrication/sous-traitance des composants électroniques, cartes électroniques, semi-conducteurs, câblage de carte CMS et filaire, et d’assemblage de composants et de sous-ensembles électroniques.

Selon Larbi Bourabaa, directeur du Marketing à « Maroc Export », l’objectif de la participation marocaine à cette édition et de « positionner le Maroc en force en tant que plateforme de production et d’exportations » et d’offrir aux entreprises participantes l’occasion de nouer des partenariats.

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