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Ouvrir l’accès aux étoiles aux handicapés

Ouvrir l’accès aux étoiles aux handicapés
Dernière mise à jour le 01/06/2011 à 8:27

Mal-voyants, sourds, handicapés moteurs, enfants hospitalisés doivent, eux aussi, avoir accès aux étoiles, selon le collectif « Astronomie vers tous ». Maquettes à toucher, fauteuil avec télescope incorporé : des initiatives pionnières sont déjà recensées.

Des enfants déficients visuels ont pu découvrir le ciel grâce à des intensificateurs de lumière de l’armée qui multiplient par mille la luminosité, une idée de Jean-François Soulier, fondateur de l’association « Des étoiles pour tous ».

Les aveugles n’ont pas été oubliés : ils ont pu toucher un vrai télescope pour en apprécier la taille, comprendre la forme du système solaire grâce à des planètes à palper et placer à la bonne distance. Et même appréhender les couleurs grâce à différentes textures correspondant aux gammes de longueurs d’onde d’un spectre lumineux.

Comment utiliser un télescope lorsqu’on est cloué dans un fauteuil roulant? Deux prototypes ont été mis au point : le nanoscope, un minitélescope posé sur une tablette fixée au fauteuil et le handiscope conçu pour venir au plus près de l’oeil sans que l’observateur ait besoin de bouger la tête.

Grâce à cette invention brevetée de Jean-François Soulier, même des tétraplégiques à la nuque raide peuvent regarder le ciel depuis leur fauteuil, relève Gabriel Bernard de l’association Planète sciences. Mais il faudrait 15.000 euros pour développer d’autres exemplaires du handiscope.

M. Bernard raconte avoir utilisé le prototype existant pour permettre à des enfants et adolescents hospitalisés à Garches d’observer la Lune et Jupiter depuis l’héliport de l’hôpital Poincaré. A la mi-juin, un lancement de fusées est prévu à Garches, des engins à eau conçus par les jeunes patients.

D’autres animations sont conduites dans plusieurs hôpitaux en région parisienne et en province.

L’objectif est de « mettre l’astronomie à la portée de ceux qui n’y ont pas accès », parce qu’ils sont en milieu carcéral, hospitalier ou à cause d’un handicap, résume Dominique Proust, astronome à l’Observatoire de Paris qui a lancé « Astronomie vers tous » (AvT) en partenariat avec Planète sciences.

Les sourds peuvent regarder le ciel, mais ils manquent de mots pour le comprendre. M. Proust qui anime chaque mois une séance d’astronomie en langue des signes à l’Observatoire de Meudon près de Paris avait fait ce constat.

Avec l’aide de linguistes, il a entrepris d’élargir la palette des termes d’astronomie dans un dictionnaire, « Les mains dans les étoiles », publié en 2009 (éd. Burillier). La majorité des nouveaux signes ont été adoptés au niveau international, se félicite-t-il.

Un quasar est désigné comme « une petite région qui émet de l’énergie très puissante ». Pour la planète Jupiter, c’est la tache rouge à sa surface qui sert de signe distinctif.

Comment échanger en langue des signes lors d’une observation astronomique nocturne ? Spécialisée dans l’animation scientifique à destination d’enfants et d’adolescents, Planète sciences a trouvé la solution : une lampe frontale rouge éclaire les gants blancs des participants qui « signent ».

Selon Jérôme Galard, animateur scientifique, toutes ces initiatives ouvrent de nouveaux horizons: au sein de l’Observatoire populaire de Laval (Mayenne), un féru d’astronomie devenu aveugle, une personne sourde et plusieurs en fauteuil roulant coopèrent selon leurs talents.

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