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Environnement des Affaires : Ce que le Maroc doit faire selon l’OCDE

Environnement des Affaires : Ce que le Maroc doit faire selon l’OCDE
Dernière mise à jour le 07/06/2011 à 10:03

Le rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), qui sera présenté aujourd’hui à Rabat, relève que de Le Maroc a réalisé ces dernières années de nombreux efforts visant à améliorer l’environnement des affaires.

Pour développer le tissu économique national, le gouvernement a en effet adopté “une approche systémique, à travers des stratégies sectorielles ayant une vision intégrée, susceptible de créer une synergie et un effet d’entrainement intersectoriel”, explique l’économiste Chafik Chtibi.

Notons également les mesures incitatives et les Programmes de mise à niveau et de modernisation visant le développement des PME, ainsi que les initiatives s’intéressant aux TPE pour, in fine, promouvoir l’auto-emploi.

“Nous avons mis en place un certain nombre de réformes sur les plans législatifs, réglementaires et institutionnels pour mettre en place un cadre favorable, propice à l’investissement. Et depuis une année, le Comité National de l’Environnement des Affaires assure le suivi de gouvernance des réformes.”

Nizar Baraka, Ministre délégué des Affaires Economiques et générales

Malgré ces efforts, l’OCDE note également que beaucoup d’obstacles se dressent encore face aux investissements. Le cadre institutionnel est le premier à être pointé du doigt. En effet, le rapport souligne, entre autres freins à l’investissement, une faible coordination institutionnelle, un déficit en communication et en consultation, maintien de certains monopoles (le rapport cire les chantiers ferroviaires) et l’opacité  et la lenteur de la justice.

Vision des économistes

Le rapport explique que pour améliorer la compétitivité et attirer davantage d’investisseurs, le Maroc doit améliorer la coordination entre ses institutions et le dialogue avec les acteurs non gouvernementaux, renforcer ses efforts d’intégrité et de lutte contre la corruption, s’attaquer plus avant aux questions de l’informalité, de la justice et de l’accès au foncier, et renforcer la compétitivité régionale, l’innovation et les compétences de ses jeunes.

Au niveau des Ressources Humaines, les performances réalisées par le Maroc sont plutôt mitigées, si on les compare aux pays retenus dans une étude parallèle, publiée par l’Observatoire de la Compétitivité Internationale de l’Economie Marocaine.

“L’explication principale est à rechercher dans le niveau très élevé de l’analphabétisme, malgré des efforts consentis par l’Etat en matière d’éducation, qui consacre près de 25% du Budget général.”

Seddik Mouaffak, économiste.

Par ordre d’importance, le second problème principal dénoté par l’économiste Driss Benali est celui du système juridique. “Une réforme globale doit être opérée sur ce jalon”, explique l’économiste. Sur ce volet, les modes de gouvernance dans le système de la justice sont particulièrement pointés du doigt.

“Avec plus de 1.000 dossiers que les juges accumulent en moyenne chaque trois jours, il est certain que la Justice doit être revue dans ses profondeurs.”

Maître Houcine Sefrioui, Président du Notariat International.

Concernant le volet de la corruption, Mohamed Horani, le Président de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM), ne manque pas de rappeler les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre ce fléau, notamment via le site stopcorruption.ma.

Mais cela engendre ce que l’on appelle désormais le phénomène de la “non-décision”, explique Horani.

“Les fonctionnaires n’osent plus prendre le moindre petit risque de peur d’être soupçonnés de corruption. Il faut donc à ce niveau simplifier, clarifier et faciliter l’interprétation de toutes les procédures administratives.”

Mohamed Horani, Président de la CGEM

D’autres obstacles pragmatiques empêchent également l’instauration d’un bon climat des affaires au Maroc.

“Il y a également un manque de mécanisme adapté aux besoins réels de financement des PME. L’impôt spécifique appliqué aux organismes financiers est excessif, ajouté à un faible taux d’encadrement et un faible niveau de formation vu que la majorité des PME au Maroc sont de structures familiales, donc les affaires familiales dominent.”

Zakaria Mekouar, entrepreneur et économiste.

L’évaluation souligne également les domaines où le processus de réformes reste incomplet et doit être renforcé. Le Maroc doit notamment améliorer sa communication et son image relatives à l’environnement des affaires, continuer d’améliorer ses infrastructures afin d’assurer un meilleur maillage territorial, soutenir le développement d’activités créatrices d’emploi et développer des compétences managériales. La simplification des procédures et l’amélioration de la coordination institutionnelle sont aussi des chantiers à poursuivre.

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