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Nadia Yassine : « Les islamistes se défendent de vouloir instaurer un Etat religieux »

Nadia Yassine: « Les islamistes se défendent de vouloir instaurer un Etat religieux »
Dernière mise à jour le 08/06/2011 à 11:46

Le principal mouvement islamiste du Maroc s’est défendu mercredi de vouloir instaurer un Etat religieux dans le royaume à la faveur des manifestations pour des réformes démocratiques.

« On peut dire haut et fort que le mouvement Justice et bienfaisance n’appelle pas à l’instauration d’un Etat religieux et qu’il est favorable à un Etat civil », a déclaré à l’AFP Nadia Yassine.

Ce mouvement islamiste, interdit par les autorités mais dont les activités restent tolérées, est le plus important au Maroc.

Pour les autorités, ses membres seraient entre 30.000 et 40.000. Mais les responsables du mouvement estiment que celui-ci compte près 200.000 adhérents, explique le politologue Mohamed Darif, spécialiste de l’islamisme marocain. Les autorités marocaines accusent Justice et bienfaisance, ainsi que la gauche radicale, de « manipuler » les jeunes du Mouvement du 20 février qui revendiquent des réformes politiques.

« C’est la première fois que nous le disons de manière aussi explicite parce que le contexte, lié notamment à l’emergence du Mouvement 20 février, l’exige », a ajouté Mme Yassine.

« Le Mouvement du 20 février, qui regroupe en son sein plusieurs courants politiques, a poussé Justice et bienfaisance à être plus explicite dans des positions idéologiques », souligne pour sa part le politologue Mohamed Darif.

« Pour que les composantes politiques du Mouvement des jeunes puissent coexister, il faut qu’ils clarifient leurs positions à l’égard de tous les thèmes importants. D’où cette déclaration explicite qui vise à rassurer », ajoute M. Darif.

Concernant la question de la laïcité, Mme Yassine a précisé que « c’est un concept très complexe, qui exige un débat et qui est en difficulté même chez lui (en France). Il n’est pas question d’avoir une laïcité à la française. »

« Il n’est pas question d’avoir une laïcité à la française. »

Nadia Yassine

« La laïcité exige un débat et ce n’est pas l’heure des débats pour l’instant. Pour l’instant, on est dans la revendication. Nous sommes à l’écoute de ces jeunes qui ont des revendications beaucoup plus simples et beaucoup moins philosophiques », conclut Mme Yassine, fille du fondateur du mouvement islamiste au Maroc, le cheikh Abdessalam Yassine.

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