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Adaptation de la pêche marocaine au changement climatique : Etat des lieux avec les pêcheurs

Dernière mise à jour le 09/06/2011 à 8:26

“Accentuation du mauvais temps en mer”, “baisse des stocks de poissons”, “la sardine marocaine qui se déplace de plus en plus vers le sud…”, telles sont notamment les observations faites par les 463 pêcheurs marocains interrogés par le consultant de la FAO, Abdelmounim Amachraa, dans le cadre de son étude intitulée “L’adaptation de la pêche au changement climatique: perceptions des pêcheurs”.

Présentée, mercredi dernier à Rabat, à l’occasion du séminaire international sur “le milieu marin et littoral: changement climatique et activités humaines ont-ils des impacts accélérateurs?”, l’étude fait mention également “d’une augmentation du taux de petits pélagiques dans les prises des pêcheurs”, “d’une apparition plus fréquente des méduses, notamment à Al Hoceima et Casablanca”.

Ces observations sont-elles corollaires au changement climatique? Il est difficile de répondre de manière catégorique à cette question, d’autant qu’aucune étude scientifique ne le justifie. Mais le changement climatique est là et il est irréversible. De l’avis de Karim Hilmi, océanographe à l’Institut national de recherche halieutique (INRH) “des changements de températures ont été notés sur la rive méditerranéenne marocaine entre 1987 et 2007”. Il y a également une tendance à la montée des eaux et des changements dans l’hydrologie des océans, selon l’expert.

Abandonner le chalutage…

Pour les pêcheurs, les phénomènes météorologiques sont de plus en plus fréquents, surtout les intempéries, que 61% d’entre eux assimilent au changement climatique qui entame surtout l’activité des petits pêcheurs. A ces griefs sur le climat, s’ajoute la surexploitation des ressources halieutiques par les pêcheurs, lesquels font pour la plupart du chalutage, une méthode de pêche à abandonner dans le cadre de l’adaptation du secteur au changement climatique, selon Abdelmounim Amachraa.

Conservation et contrôle…

Dans une autre étude intitulée “changement climatique et pêche au Maroc: état des lieux et stratégie d’adaptation”, menée par à la Banque mondiale, Charlotte DeFontaubert, consultante de l’organisme, préconise “des mesures de conservation des ressources et des mesures de contrôle d’accès”. C’est-à-dire, explique-t-elle, qu’il faut définir des quotas de pêche, limiter le nombre de pêcheurs en fonction des zones…

Ces mesures existent déjà dans le plan Halieutis mais elles doivent être améliorées, fait remarquer la consultante qui préconise la consultation des pêcheurs, les principaux concernés.

“Ça ne sert à rien de faire des mesures d’aménagement sans consulter les pêcheurs mais aussi les industriels du secteur. On va demander aux pêcheurs de pêcher moins, de se reconvertir dans d’autres activités mais en contrepartie, il faudra des compensations…”

Charlotte DeFontaubert, consultante à la Banque mondiale.

Les deux études arrivent à la même conclusion: “le Maroc a les moyens d’adapter sa pêche au changement climatique, les solutions techniques sont bien connues et comprises, il faudra les appliquer dans le cadre d’une gestion intégrée”. Ces travaux seront prochainement soumis au département de la pêche mais également au secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’environnement.

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