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Eumedgrid – MaGrid : Une grille informatique à disposition de la science

Eumedgrid – MaGrid : Une grille informatique à disposition de la science
Dernière mise à jour le 26/06/2011 à 15:45

Nous sommes aujourd’hui entourés par des milliers des réseaux informatiques. Mais celui que la Commission européenne vient de mettre à la disposition des chercheurs marocains est un réseau assez particulier: il relie les scientifiques marocains avec l’ensemble des réseaux d’enseignements et de recherche des pays européens.

Eumedgrid – réseau de calcul pour la recherche scientifique – est un outil puissant développé dans le cadre du projet européen Eumedconnect. Cette initiative établit un réseau humain dans le secteur de l’eScience.

Le concept est simple: chaque scientifique peut partager ses données, et profiter des analyses – et des avancées – communes.

En pratique, Eumedconnect permet aux chercheurs méditerranéens de se connecter les uns aux autres. Elle encourage le développement des réseaux nationaux d’enseignement et de recherche dans les pays méditerranéens, diminue la fracture numérique entre l’Union européenne et les pays méditerranéens, et accélère le développement d’Internet dans le bassin méditerranéen.

“Eumedconnect intervient dans tout ce qui est traitement et partage de données dans le champ scientifique”, explique le Professeur Rajaâ Cherkaoui El Moursli.

L’analyse de résultats et de calculs demande des liaisons très rapides entre les laboratoires de recherche, d’où la notion de grille informatique qui permet de mettre le matériel de chacun en commun. Plus encore, ce réseau nous permet une utilisation rationnelle et démocratique des données.

“Ce réseau nous permet une utilisation rationnelle et démocratique des données. »

Professeur Rajaâ Cherkaoui El Moursli

Admission du Maroc au programme Atlas

Le Professeur Cherkaoui El Moursli est membre correspondant de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques et membre de la collaboration ATLAS au LHC, le plus grand accélérateur de particules au Monde.

Elle nous explique que le choix du Maroc était tout indiqué pour faire partie de cette expérience scientifique. Le Royaume a été précurseur à l’échelle continentale dans plusieurs disciplines de recherche et partie prenante dans des projets de pointe.

« Depuis 1996, le Maroc est officiellement membre de la collaboration Atlas au CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Son admission, après un vote unanime de plus de 148 institutions de recherche de 33 pays, est la conséquence du travail de qualité de plusieurs scientifiques marocains.”

Professeur Rajaâ Cherkaoui El Moursli

MaGrid, une grille marocaine à plusieurs utilisations

La grille est mise à la disposition des universités et établissements de l’enseignement supérieur et de recherche pour leurs besoins en moyens de calcul et en capacité de stockage. MaGrid est connectée à la grille Euro méditerranéenne Eumedgrid et à la grille Européenne EGEE.

MaGrid est utilisée par des chercheurs de différents domaines, essentiellement dans les domaines de la physique des hautes énergies et de la chimie théorique.

Les chercheurs marocains travaillant au sein d’ATLAS utilisent régulièrement la grille de calcul qui leur permet de disposer de la puissance de calcul des plus gros centres européens. Plusieurs autres chercheurs et institutions seront amenés à utiliser MaGrid pour réduire les investissements et aussi harmoniser à grande échelle les outils de calcul.

“Aujourd’hui, nous essayons de créer une grille de calcul similaire pour certaines applications de la physique médicale”, assure le professeur El Moursli. “A Rabat, on a eu au départ une demande de l’Institut national d’oncologie pour créer un master de physiques médical. Des physiciens médicaux ont été formés pour travailler dans les hôpitaux, dans la médecine nucléaire, la radiothérapie, la radiologie. Les lauréats ont de fortes chances d’embauche dans un secteur qui souffre d’un manque flagrant de compétences. Parmi ces étudiants, il y en a qui optent pour la recherche de haut niveau. Et c’est là que peut intervenir Eumedconnect”, explique la chercheuse.

Il est clair que dans le domaine de la recherche, les changements sont rapides. Grâce à Eumedconnect, le Maroc suit ces évolutions. A ce jour, des dizaines de doctorants et de séniors utilisent le réseau. Et les choses ne s’arrêteront certainement pas là.

Une session de formation sera organisée ce mois-ci par le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST), afin de créer de petits nœuds dans chaque université, afin de former les chercheurs à utiliser la grille. Une initiative qui redonnera du souffle à la recherche scientifique nationale.

Le Réseau Universitaire de Physique des Hautes Energies (RUPHE)

RUPHE est l’institution marocaine chargée du programme Atlas. RUPHE est directement sous la tutelle du Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur de la formation des cadres et de la recherche scientifique, ainsi que le Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST), organisme qui gère et qui planifie la recherche au Maroc. 
Eumedconnect a mis à la disposition de ce centre un réseau informatique géant d’un débit de 34 mégabits. Ce volume sera prochainement revu à la hausse pour atteindre les 155 mégabits. C’est au sein de ce centre qu’une équipe d’ingénieurs informaticiens gère le réseau. La grille marocaine, MaGrid a été mise en place depuis 2006 par le déploiement du premier site au CNRST.

www.eumedconnect.net

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