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Italie/amiante : peines de 20 ans requises dans le cadre du procès Eternit

Italie/amiante: peines de 20 ans requises dans le cadre du procès Eternit
Dernière mise à jour le 04/07/2011 à 14:54

Une peine de vingt ans de prison a été requise lundi à Turin contre l’ex-propriétaire du groupe suisse Eternit et un ancien actionnaire belge d’Eternit Italie dans le cadre du plus grand procès jamais organisé sur le drame de l’amiante, a-t-on appris de source judiciaire.

Le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marchienne sont accusés d’être responsables de la mort d’environ 3.000 personnes en Italie, anciens ouvriers ou simples habitants de Casale Monferrato et Cavagnolo (nord), Rubiera (nord) ou Bagnoli (sud), villes où Eternit Italie avait ses usines.

Ce procès, qui s’est ouvert en décembre 2009 à Turin (nord) et rassemble plus de 6.000 parties civiles, est le plus grand procès jamais organisé sur le drame de l’amiante, selon les associations de victimes, et le premier au pénal.

Les victimes de l’amiante, qui demandent comme en France par exemple l’organisation de procès au pénal, espèrent qu’il puisse créer un précédent.

Le groupe Eternit de M. Schmidheiny a été un important actionnaire d’Eternit Italie de 1976 à 1986 tandis que M. de Cartier de Marchienne a été actionnaire minoritaire et administrateur d’Eternit Italie au début des années 1970.

Eternit Italie a fait faillite en 1986, soit six ans avant l’interdiction de l’amiante dans le pays.

Considérés par le parquet à l’issue d’une enquête de plus de cinq ans comme les responsables effectifs de la gestion d’Eternit Italie, les deux hommes sont jugés pour avoir provoqué une catastrophe environnementale et enfreint les règles de la sécurité au travail.

Le parquet a réclamé la peine la plus lourde possible pour ces délits, soit douze ans, à laquelle il a ajouté huit ans supplémentaires car les conséquences de ces délits se font encore sentir dans le sens où les personnes exposées à l’amiante peuvent tomber malades plusieurs décennies après.

« Je n’avais jamais vu une telle tragédie (…) Elle a touché différentes régions de notre pays, des salariés et des habitants. Elle continue à semer la mort et continuera à le faire qui sait pour combien de temps », a souligné le procureur Raffaele Guariniello durant son réquisitoire.

La défense a nié en revanche la responsabilité directe dans la gestion de la société italienne des deux accusés, qui ne sont jamais présentés aux audiences.

Les représentants de victimes de l’amiante ont salué ce réquisitoire.

« Nous sommes satisfaits, c’est grâce à 30 ans de lutte pour la justice, la santé, menée sans jamais baisser les bras », a déclaré à l’AFP Bruno Pesce, coordinateur de l’association des familles des victimes de Casale Monferrato et Cavagnolo.

« L’organisation du procès a déjà été une grande victoire mais désormais l’espoir d’obtenir justice commence à se concrétiser », a-t-il ajouté.

L’annonce du verdict pourrait avoir lieu vers la fin de l’année.

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