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Situation des droits de l’Homme au Maroc : L’AMDH et HRW accusent les autorités

Situation des droits de l’Homme au Maroc  : L’AMDH et HRW accusent les autorités
Dernière mise à jour le 12/07/2011 à 9:27

Le référendum sur la réforme constitutionnelle au Maroc a été marqué par la “violation” de l’obligation d’impartialité des autorités qui ont utilisé la religion et les médias pour promouvoir le “oui”. C’est ce qui ressort du rapport qui a été rendu public mardi à Rabat par l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH).

Selon ce rapport, “l’utilisation des mosquées et des confréries, et la domination des médias par l’État” lors de la campagne référendaire, “constituent une discrimination fondée sur l’opinion politique et une utilisation illégale des biens publics”.

Le rapport de l’AMDH, qui intervient dix jours après le référendum sur le nouveau projet constitutionnel qui a été adopté à plus 98% par les Marocains, note que “des agents d’autorité, des élus et des associations ont mobilisé les moyens de transport en commun pour amener les électeurs aux bureaux de vote les incitant à voter ‘oui’”.

Revenant sur la situation générale des droits de l’Homme au Maroc en 2010, l’AMDH regrette le fait que “le Maroc ne tient toujours pas compte des éléments constitutifs de l’État de droit et n’a pas de volonté politique véridique quant à l’application de ses engagements en matière des droits humains”.

En général, la situation des droits humains (au Maroc) se caractérise par l’élargissement de l’écart entre le discours officiel sur les droits humains d’une part, et la pratique réelle des appareils de l’État, de l’autre.”

L’AMDH dans une note adressée à la presse

Human Rights Watch dans la mêlée

Outre ce rapport de l’AMDH, l’organisation internationale de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW) a elle aussi publié lundi un rapport peu tendre envers le Maroc en matière des droits de l’Homme.

Dans son rapport, HRW dénonce les violences policières perpétrées contre les manifestants, et exhorte les autorités marocaines à se servir des “nouveaux principes constitutionnels pour réformer les lois et pratiques répressives”.

“La révision constitutionnelle approuvée par référendum le 1er juillet peut faire avancer considérablement les droits des Marocains, mais seulement si les autorités se servent de ces nouveaux principes constitutionnels pour réformer les lois et les pratiques répressives”, souligne-t-elle.

« Il ne suffit pas d’adopter une constitution qui affirme: ‘Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit’, et ensuite laisser la police matraquer des manifestants pacifiques.”

Human Rights Watch, citée par l’AFP.

HRW fait remarquer dans ce sens qu’“il n’est pas évident d’expliquer l’alternance des réactions du gouvernement entre l’autorisation de manifestations pacifiques certains jours et la répression violente d’autres jours, de manifestations pacifiques organisées avec les mêmes slogans”.

L’ONG internationale de défense des droits de l’Homme précise avoir “interviewé des manifestants qui ont été passés à tabac à Rabat, Casablanca et Kénitra”, et que “les comptes-rendus nombreux et cohérents qui en ont été faits contredisent les déclarations officielles selon lesquelles les forces de sécurités avaient seulement utilisé la force nécessaire pour disperser des rassemblements ‘non autorisés'(…)”.

À l’heure où nous mettions sous presse, aucune réaction officielle des autorités par rapport à ces deux rapports n’avait été encore diffusée.

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