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Pour les rebelles libyens, l’approche du ramadan inquiète et attire

Pour les rebelles libyens, l’approche du ramadan inquiète et attire
Dernière mise à jour le 20/07/2011 à 16:03

Sur le front de Goualich, les rebelles libyens patientent à l’ombre en attendant la prochaine bataille. Avant ou pendant le ramadan? Le mois de jeûne approche et combattre sans boire ni manger sera plus dur. Mais ce sera le bon moment pour être un martyr, disent-ils.

Chaque jour, le soleil tape un peu plus dans les montagnes de l’Ouest libyen. Jusqu’à 45 degrés Celsius. Les corps et les esprits se font de plus en plus mous. Sur la ligne de front, à quelques kilomètres seulement des forces kadhafistes, la torpeur peut prendre au dépourvu.

Depuis une semaine, les rebelles se préparent à la bataille d’Al-Assabaa, à 17 km de là, dernière ville avant Gharyane qui ouvre la route vers la capitale libyenne. Et chaque jour répètent comme un mantra : « Nous serons à Tripoli avant le ramadan, inch’Allah ! ».

Le mois de jeûne, pendant lequel les musulmans ne doivent ni boire ni manger du lever au coucher du soleil, doit commencer dans une dizaine de jours. Il inquiète car il fatigue, mais il attire car, est-il écrit dans le Coran, il rapproche de Dieu.

D’après le livre sacré de l’islam, le ramadan unit les musulmans dans cet acte commun de piété. Mais les commandants des rebelles n’ont aucun doute : la guerre continuera.

« S’il y a des combats pendant le ramadan, nous nous battrons, comme d’habitude, nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas libéré la Libye », affirme le commandant Mokhtar Lakhdar.

L’Otan n’a pas non plus exclu de poursuivre ses frappes en août si les forces de Mouammar Kadhafi ne respectent pas la trêve.

« Si elles le font, et nous pensons qu’il y a des risques qu’elles le fassent, alors je pense qu’il sera hautement adéquat que la protection de ces vies continue et l’Otan utilisera le mandat qu’elle a reçu », a déclaré la semaine dernière le porte-parole de l’opération Mike Bracken.

S’ils respectent le ramadan, au combat, les hommes seront plus faibles physiquement mais plus forts mentalement, estiment les chefs des rebelles.

« Cela risque d’être un peu plus dur les premières semaines. Jeûner va nous affaiblir, nous sommes habitués. Mais cela va nous donner plus de force et d’amour pour devenir martyrs », assure le commandant de la rébellion dans le Djebel Nefoussa le colonel Lakhdar Farnana.

D’après le Coran, les musulmans peuvent ne pas jeûner s’ils voyagent, sont malades ou font la guerre.

Tahar Aljdea, le cheikh de Zenten, centre névralgique de la rébellion dans l’Ouest, le dit : « Pour le ramadan, mon conseil aux jeunes combattants, compte tenu du fait que nous sommes en plein été et (…) que le Coran dit ‘ne vous tuez pas, Dieu vous pardonnera': ils ont le droit de manger ».

Jeûner ou ne pas jeûner pendant la guerre, la question pourtant fait débat chez les jeunes rebelles de Goualich.

« Si c’est la guerre et qu’on est fatigué, on mangera. Si on reste en position défensive, on jeûnera. Dieu est avec nous. De toute façon, nous sommes plus faibles que les forces de Kadhafi », lance Hatem Aljadi, 24 ans.

Pour d’autres, jeûner et faire la guerre en même temps est un rêve.

« Avec le ramadan, cela va être plus dur. Mais inch’Allah, nous ne serons pas affaiblis, au contraire nous serons plus forts. Le ramadan est un bon moment pour être un martyr », dit Chaban Aabor, 38 ans.

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