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La Russie met en garde les Etats-Unis à propos de l’affaire Magnitski

La Russie met en garde les Etats-Unis à propos de l’affaire Magnitski
Dernière mise à jour le 27/07/2011 à 21:41

La Russie a vertement mis en garde les Etats-Unis à propos de l’affaire Magnitski, après la décision du département d’Etat d’interdire de visa des responsables russes soupçonnés d’être liés à la mort en prison à Moscou en 2009 de ce juriste d’un cabinet américain.

Une porte-parole du département d’Etat, Joanne Moore, a confirmé mercredi des informations de presse selon lesquelles Washington avait décidé d’interdire de visa des dizaines de responsables russes, notamment policiers, pour leur implication présumée dans la mort du juriste.

« Le département d’Etat a pris les mesures appropriées pour que les personnes impliquées dans la mort injustifiable de Sergueï Magnitski n’aient pas de visas américains », a-t-elle déclaré.

La réaction de Moscou a été rendue publique au même moment.

« De tels actes sont susceptibles d’introduire de sérieux facteurs d’irritation dans les relations russo-américaines et de nuire aux efforts pour renforcer la confiance » entre les deux pays, a averti le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Il est évident que la partie russe ne laissera pas sans réponse de tels actes inamicaux et prendra des mesures adéquates pour défendre la souveraineté de notre pays et les droits des citoyens russes », a ajouté le ministère.

« Nous comprenons naturellement qu’il est de la compétence des autorités de tout Etat d’interdire l’entrée sur son territoire sans même en expliquer la cause », indique la diplomatie russe.

« Mais le recours arbitraire à ce droit pour +punir+ des citoyens étrangers, en outre en l’absence de toute décision judiciaire et en violation de la présomption d’innocence, suscite la désapprobation tant sous l’aspect juridique que d’un point de vue éthique », souligne le ministère.

Les Etats-Unis ont réagi mercredi. L’idée a toujours été « de travailler constructivement avec la Russie dans les domaines où nous partageons les mêmes motifs de préoccupation et nous avons toujours dit que cela ne se ferait pas au prix de nos principes les plus élémentaires, et notamment des droits de l’homme », a réagi le porte-parole du département d’Etat Mark Toner.

Mark Toner a cité la coopération en Libye –où la Russie a joué un rôle de médiateur dans la perspective d’un exil éventuel de Mouhamar Kadhafi– et en Afghanistan, où Moscou a prêté son aide en autorisant les forces de l’Otan a survolé son territoire.

Sergueï Magnitski, qui travaillait pour un cabinet juridique américain à Moscou et fournissait des conseils au fonds d’investissement Hermitage Capital, est mort en prison, à l’âge de 37 ans, en 2009 à Moscou.

Un rapport officiel russe a révélé au début du mois qu’il avait bien été victime de coups, de mauvais traitements et avait été privé de soins, de manière « préméditée » comme le disaient ses proches.

Il avait été arrêté en 2008 sous l’accusation de fraude fiscale après avoir dénoncé une vaste machination financière ourdie selon lui par des responsables de la police et du fisc au détriment d’Hermitage Capital et de l’Etat russe.

Les fonctionnaires corrompus se seraient servis de documents obtenus auprès d’Hermitage et les auraient falsifiés, pour se faire rembourser 5,4 milliards de roubles de taxes du fisc, soit 130 millions d’euros.

Cette affaire a eu un grand retentissement, contraignant le président russe Dmitri Medvedev qui affiche l’intention de faire progresser l’Etat de droit en Russie, à promettre une enquête efficace et la punition des coupables.

La justice russe n’a cependant engagé à ce jour de poursuites que contre deux responsables de la prison de la Boutyrka à Moscou.

Le département d’Etat, qui a pris les devants sur une initiative en cours au Sénat américain, a souligné que la loi américaine lui imposait « de refuser des visas aux personnes impliquées dans des atteintes aux droits de l’Homme, comme la torture et les exécutions extrajudiciaires ».

Selon le quotidien russe Kommersant, la liste élaborée au Sénat américain comporte notamment les noms de hauts responsables russes comme Alexeï Anitchine, qui était jusqu’en juin vice-ministre de l’Intérieur.

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