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Un terrien sur trois habitera probablement l’Afrique en 2100

Un terrien sur trois habitera probablement l’Afrique en 2100
Dernière mise à jour le 17/08/2011 à 22:25

Un habitant du globe sur trois habitera probablement l’Afrique à l’horizon 2100, et ce malgré le sida, contre un sur sept actuellement, selon une étude bisannuelle de l’Institut national d’études démographiques (Ined) publiée jeudi.

Alors que la population mondiale va franchir le seuil des 7 milliards d’habitants en 2011, celle de l’Afrique était de 1,05 milliard en juin.

L’institut français souligne que l’accroissement dans les années à venir devrait être particulièrement important en Afrique sub-saharienne, où la population devrait passer d’un peu plus de 600 millions d’habitants en 2000 à près de 3,4 milliards en 2100.

D’ici la fin du XXIe siècle, la population de l’Afrique pourrait quadrupler et passer de 800 millions d’habitants en 2000 à 3,6 milliards en 2100.

A cette date, la population mondiale devrait s’être stabilisée autour de 9 à 10 milliards, chiffre qui pourrait être atteint dès 2050, à la faveur d’une croissance démographique qui décélère et se situe en 2011 à 1,1% et devrait continuer de baisser, selon les projections de l’Ined qui réalise ses propres études en parallèle à celles réalisées par les Nations Unie, la Banque mondiale ou d’autres grands instituts nationaux.

Ce fort accroissement démographique prévu en Afrique s’explique en partie par le taux de fécondité important.

« C’est l’une des régions du monde où la fécondité reste encore élevée même si elle est en baisse. Et même avec cette baisse, c’est plus qu’ailleurs. Les régions du monde qui vont voir leur population croître le plus au cours des prochaines décennies, ce sont les pays où la fécondité est la plus élevée », explique le chercheur Gilles Pison, auteur de l’étude.

Actuellement, le nombre d’enfants par femme est de 7 au Niger, 6,4 en Somalie, 6,1 en République démocratique du Congo et 5,8 au Burkina Faso.

Cet accroissement de la population en Afrique se fera par ailleurs malgré un taux de mortalité infantile qui reste le plus élevé au monde et en dépit du sida, « qui a eu un impact démographique mais n’a pas empêché la population de l’Afrique de continuer d’augmenter et pourrait tripler d’ici un siècle », souligne M. Pison.

En 2009, 4,9 millions de personnes entre 15 et 49 ans étaient infectées par le virus en Afrique du Sud, soit 18% de cette tranche d’âge. Sur tout le continent africain, la proportion se situe à 3,9%, contre 0,8% au niveau mondial.

Quant au taux de mortalité infantile pour 1.000 naissances, il est de 74 en Afrique, contre 44 au niveau mondial (6 en Europe et aux Etats-Unis.

En 2050, l’Ined estime ainsi que la population en Afrique pourrait s’élever à 2,3 milliards.

Selon cette projection, le Nigeria se positionnerait alors en troisième position des pays les plus peuplés du globe avec 433 millions d’habitants, derrière l’Inde et la Chine, qui compteraient respectivement 1,69 milliard et 1,3 milliard, et devant les Etats-Unis (423 millions). L’Union européenne serait forte de 513 millions d’habitants.

Le Nigeria est actuellement le septième pays le plus peuplé avec 162,3 millions d’habitants et une fécondité de 5,7, selon l’étude de l’Ined.

Parmi les autres pays africains les plus peuplés en 2050 figureraient l’Ethiopie (9e position avec 174 millions d’habitants), la RDC (11e position avec 149 millions), puis la Tanzanie (13e position, 138 millions). L’Egypte, pays arabe le plus peuplé, passerait de 82,6 millions d’habitants mi-2011 à 123 millions en 2050.

L’espérance de vie, en moyenne mondiale, est de 70 ans, mais elle reste particulièrement basse en Afrique (57,5 ans), surtout au Zimbabwe (46 ans).

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