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Conférence internationale sur le Sahel à Alger : “La crise libyenne a transformé le Sahel en poudrière”

Conférence internationale sur le Sahel à Alger : “La crise libyenne a transformé le Sahel en poudrière”
Dernière mise à jour le 07/09/2011 à 13:57

La crise libyenne a fait du Sahel “une poudrière”, avec l’arrivée massive d’armes, le retour de milliers de travailleurs migrants, ainsi que des mercenaires, dans une région déjà otage du terrorisme et de la contrebande, ont averti mercredi à Alger les participants à une conférence internationale sur cette région.

Première du genre, cette conférence sur le thème de la sécurité, du partenariat et du développement au Sahel, réunit mercredi et jeudi 38 délégations des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU et d’organisations internationales, avec les pays dits du “champ”, en référence aux quatre pays, Algérie, Niger, Mali et Mauritanie.

Les délégations de ces pays touchés par le terrorisme, le crime organisé transnational et la pauvreté, ont noté l’influence de la situation qui prévaut depuis l’éclatement de la crise libyenne “sur la sécurité globale” du monde.

L’Algérie qui a à maintes reprises, exprimé ses craintes de voir des armes en provenance de Libye tomber entre les mains des combattants d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a fermé sa frontière avec la Libye longue d’un millier de kilomètres, depuis la chute de Tripoli.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, a d’ailleurs évoqué hier à Alger, la circulation des armes provenant de Libye où le colonel déchu Mouammar Kadhafi avait distribué des armes avant que ses arsenaux ne tombent en diverses mains. Le ministre a cité une série de vols de véhicules tout terrain qui écument désormais les quelque 8 millions de km2 de l’immense désert, avec à leur bord des terroristes d’Aqmi ou encore des trafiquants. Il a également mentionné la saisie au Niger de quelque 500 kg de Semtex, un explosif extrêmement puissant…

Son collègue malien, Soumeylou Boubeye Maïga, redoute également le retour massif de migrants dans ces zones déjà précaires.

“Quelque 20.000 travailleurs maliens sont déjà revenus, et maintenant c’est la seconde vague avec ceux qui étaient impliqués dans les combats et qui reviennent avec des armes.”

Soumeylou Boubeye Maïga, ministre malien des Affaires étrangères.

Pacification par le développement et la sécurité

Les Algériens insistent beaucoup sur le développement du Sahel comme moyen de lutter contre le crime organisé et le trafic, souvent liés aux actes de terrorisme.

Parmi les projets qui pourraient être discutés lors des ateliers prévus, des micro-projets pour les populations déshéritées mais aussi l’accélération de la construction de la route transsaharienne et les connexions du réseau routier entre les pays du Sahel.

Toutefois, les membres du Conseil de sécurité tout comme l’Union européenne présents ont souligné, que l’effort de lutte contre Aqmi doit être dirigé par les gouvernements de la région. “La responsabilité de maintenir la sécurité est d’abord fondamentalement du ressort des pays voisins”, a ainsi souligné le ministre malien, se faisant l’écho des Algériens, très chatouilleux sur la nécessité de maintenir hors de la région de quelconques troupes étrangères.

Maroc, Libye, les grands absents

Grande absente de la réunion d’Alger, la Libye, par qui l’inquiétude est arrivée, et qui partage une bonne partie de ses frontières sahéliennes avec les pays de la région présents à la conférence… Mais également le Maroc.
Selon Amine Amara, coordinateur de recherche chargé du pôle sécurité et prévention des conflits à l’institut Amadeus, le Maroc est clairement et directement concerné par ces problèmes régionaux. Manifestement notre pays n’a pas été invité, l’Algérie étant jalouse du leadership qu’elle entretient dans le domaine de la lutte contre l’Aqmi. Cependant, précise M. Amara, notre pays cultive d’autres relations avec les Etats-Unis et la France dans lesquelles la question du terrorisme dans la région est régulièrement examinée. Ainsi, conclut M. Amara, si dans la vision d’ensemble, l’absence du Maroc à cette conférence est “anormale”, elle s’explique cependant du fait que pour l’armée marocaine, il n’est pas question de gérer ce dossier avec les Algériens.

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