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Élections législatives, chômage, déficit budgétaire, grogne sociale… : Une rentrée sous des auspices difficiles

Élections législatives, chômage, déficit budgétaire, grogne sociale…   : Une rentrée sous des auspices difficiles
Dernière mise à jour le 11/09/2011 à 9:56

En fin de semaine dernière, se tenait le Conseil des ministres de la rentrée, consacré notamment à l’examen des dispositifs relatifs à l’organisation des législatives du 25 novembre et au budget de l’an prochain.

Mais la question que l’on se pose dans l’immédiat, est de savoir quel visage cette rentrée va-t-elle prendre? Et au regard des signaux déjà existants, tout porte à croire qu’elle serait tout sauf un “fleuve tranquille”.

Situation sociale potentiellement explosive…

La situation sociale constitue un véritable casse-tête pour les pouvoirs publics. Et malgré le récent recrutement de plusieurs milliers de jeunes chômeurs, il ne se passe pas de jour sans rassemblements d’autres jeunes diplômés chômeurs devant le Parlement à Rabat pour réclamer leur intégration dans la fonction publique.

Le gouvernement lui-même, par la voix de son porte-parole Khalid Naciri, reconnaît que l’heure est difficile.

“La situation sociale et politique liée aux répercussions de la crise financière internationale se fait ressentir dans notre pays. C’est une problématique (…) qui se pose aujourd’hui avec une certaine acuité.”

Khalid Naciri.

Une acuité qui risque de croître au regard du rapport préliminaire du Conseil économique et social (CES).

31%

Il ressort du rapport préliminaire du Conseil économique et social que près d’un jeune sur trois (31,3%) dans la tranche des 15-24 ans est au chômage. Le taux des sans-emploi chez les diplômés de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle est de plus de 16%, 7 points au-dessus de la moyenne nationale.

Ces chiffres du CES ont été rapportés par l’Agence France-Presse citant le quotidien L’Économiste (édition du vendredi 9 septembre).

… dans un contexte de déficit budgétaire…

Et le casse-tête n’est pas que social, il concerne également les finances de l’Etat qui souffrent sous l’effet notamment des dépenses sociales (hausse de la masse salariale de la fonction publique, etc.)

Selon le FMI, l’Etat marocain est déficitaire de 5,7% de son budget, et, sans mesures drastiques, ce déficit pourrait atteindre 7,5% en 2012.

Face à cette situation, d’aucuns se demandent comment le Maroc pourrait parvenir à “réduire son déficit budgétaire tout en poursuivant ses programmes d’investissements dans les grands chantiers pour améliorer une croissance qui tourne autour de 5% pour 2011”.

… Et de frictions dans la majorité

Comment réussir à maintenir la paix sociale dans ce contexte? D’autant que la cohésion même de la majorité gouvernementale actuelle semble sujette à caution…

On se souvient dans ce sens du communiqué diffusé la semaine dernière par le PPS fustigeant “la position ambiguë” de deux composantes de la majorité, allusion à peine voilée au RNI et au MP, qui s’étaient joints à deux autres formations de l’opposition pour présenter des amendements à des projets du gouvernement.

Le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri a bien tenté par la suite de calmer le jeu en assurant que la majorité gouvernementale était “toujours opérationnelle”, sans toutefois réussir à convaincre les sceptiques…

Ceci s’ajoute au fait qu’à deux mois et demi des élections du 25 novembre, le gouvernement dispose sans doute d’une marge de manœuvre limitée.

Et avec le Mouvement du 20 Février qui vient de lancer sa “rentrée sociale et politique”, le Maroc parviendra-t-il malgré tout à maintenir le cap?

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