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Échange de prisonniers entre Palestiniens et Israel : Une éclaircie dans le dossier palestinien?

Échange de prisonniers entre Palestiniens et Israel : Une éclaircie dans le dossier palestinien?
Dernière mise à jour le 12/10/2011 à 9:59

Un accord pour la libération du soldat israélien Guilad Shalit -détenu depuis juin 2006 par l’aile militaire du Hamas, les brigades Azedine Al Qassam-, a finalement été signé mardi entre le gouvernement israélien et les dirigeants du Hamas. En échange de Guilad Shalit, l’accord prévoit la libération de 1.027 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

De source proche des négociations, qui ont eu lieu au Caire entre une délégation du Hamas, conduite par Ahmad al-Jaabari, chef des Brigades Azedine al Qassam, et des responsables israéliens, on précise que l’accord prévoit l’élargissement en deux temps des détenus palestiniens. Les 450 premiers seraient remis en liberté au même moment que Guilad Shalit et les 550 suivant le seraient par la suite.

De son côté, le Premier ministre israélien Netanyahou qui a remercié l’Égypte pour sa médiation, a réussi dans la nuit de mardi à mercredi, à entériner l’accord au sein de son gouvernement par 26 voix contre 3. Les faucons nationalistes dont le ministre des Affaires étrangères A. Lieberman, s’y sont opposés. Avec les religieux orthodoxes, ils ont dénoncé une “capitulation”.

Le Hamas exulte

Qualifiant l’accord de “victoire nationale”, Khaled Meshaal, responsable du bureau politique du mouvement Hamas, a félicité les brigades Azedine Al Qassam et les organisations palestiniennes qui avaient réussi à capturer Shalit.

Il a précisé que l’échange concerne 1.027 prisonniers, et qu’il sera exécuté en deux parties. Meshaal a également précisé que les femmes palestiniennes détenues, au nombre de 27, seront toutes libérées dans l’échange.

“Mes remerciements vont au peuple palestinien dans la bande de Gaza et en Cisjordanie pour sa fermeté contre le siège israélien. Mes remerciements vont également à l’Égypte pour le rôle qu’elle a joué dans l’accomplissement de cette négociation.”

Khaled Mechaal, responsable du bureau politique du Hamas.

La scène politique palestinienne change

Jusqu’ici isolé dans son fief de Gaza et marginalisé par l’offensive de l’Autorité palestinienne devant l’ONU, le mouvement islamiste palestinien pourrait se replacer -si l’accord est finalisé-, au centre du jeu politique au Proche- Orient. En annonçant l’accord, le Hamas reprend la vedette au Fatah, et se pose en rassembleur du peuple palestinien, -l’accord permettrait la libération de détenus originaires tant de Gaza que de la Cisjordanie, d’Israël, du Golan et de la diaspora-.

Des dizaines de leaders du Hamas, incarcérés à répétition depuis 2006, vont bientôt rejoindre leur parti, et le Parlement palestinien, dans le coma depuis qu’Israël avait emprisonné la plupart des députés islamistes dans la foulée de la capture de Guilad Shalit, pourrait donc se réunir dans les prochaines semaines.

Difficile de savoir pour le moment quel impact auront ces libérations sur l’accord de réconciliation signé le 4 mai au Caire entre le Fatah et le Hamas, et resté lettre morte depuis. Mais le contact direct entre Israël et le Hamas pourrait présager d’une nouvelle ouverture politique tendant à insérer les islamistes dans le processus de paix moribond.

Par ailleurs, Israël n’a plus logiquement de raison de maintenir le blocus de la bande de Gaza, imposé justement en raison de l’enlèvement de Guilad Shalit.

Et Marwan Barghouti ?

Si le nombre de prisonniers palestiniens qui vont être libérés est connu, leurs identités n’ont pas encore été révélées. Une liste devrait être publiée dimanche prochain a indiqué le ministère israélien de la Justice, mais jusqu’ici les négociations avaient toujours achoppé sur l’identité des détenus concernés. Khaled Mechaal a confirmé que l’accord inclut la “liste VIP” des 315 prisonniers qu’Israël s’était toujours montré très réticent à relâcher, dont Marwan Barghouti, le plus célèbre d’entre eux. Cependant des rumeurs contradictoires subsistent sur sa libération. Ainsi, Israël a de son côté démenti que les deux détenus palestiniens les plus connus, Marwan Barghouti, dirigeant de la deuxième Intifada, et Ahmad Saadat, le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), seraient libérés dans le cadre de ce pacte.

Cinq ans de tractations

Gilad Shalit a été capturé le 25 juin 2006, lors de l’attaque d’une position militaire israélienne à la frontière de la Bande de Gaza par un commando palestinien. La branche armée du Hamas qui a revendiqué l’attaque, exige la libération des femmes et des mineurs détenus en Israël, en échange d’informations. Ehud Olmert, alors Premier ministre, exclut toute libération. Peu après le Hamas prend le contrôle de Gaza. Le long ballet des négociations va faire intervenir Nicolas Sarkozy, Bachar al-Assad, Angela Merkel, et l’Egypte en tant que médiateur. Les tractations achopperont toujours sur l’identité et le nombre de prisonniers.

Des milliers de Palestiniens dans les geôles israéliennes

Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme B’Tselem, plus de 5.000 Palestiniens sont détenus par Israël, dont près de 200 enfants mineurs. Depuis fin septembre, des centaines d’entre eux sont en grève de la faim pour dénoncer l’isolement carcéral: “Il y a des prisonniers à l’isolement depuis dix ans”, a expliqué le ministre palestinien des prisonniers Issa Qaraqaë, qui a précisé que la grève s’était étendue à toutes les prisons pour dénoncer l’isolement ainsi que des mesures punitives croissantes contre les détenus.

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