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Acculé, le républicain Herman Cain renonce à briguer la Maison Blanche

Acculé, le républicain Herman Cain renonce à briguer la Maison Blanche
Dernière mise à jour le 03/12/2011 à 20:34

La présence d’Herman Cain sur la scène politique américaine aura été comme un feu de paille: le candidat républicain atypique, plombé par des accusations de scandales sexuels, a annoncé samedi qu’il renonçait à poursuivre sa campagne pour la présidentielle de 2012.

« Je suspends ma campagne présidentielle à cause des incessantes diversions qui ne cessent de me blesser ainsi que ma famille », a-t-il déclaré à ses soutiens réunis à Atlanta en Géorgie (Sud) devant ce qui devait être son siège de campagne.

« De fausses accusations ont destabilisé ma crédibilité à proposer des solutions aux gens », a-t-il confié à la fin d’un discours d’une demie-heure au cours duquel il a ménagé le suspense sur son avenir politique.

Le seul candidat noir républicain dans la course à la Maison Blanche a cependant annoncé qu’il briguerait de nouvelles responsabilités politiques dans le futur, sans pour autant préciser lesquelles.

Son charisme télévisuel, son franc-parler d’entrepreneur accompli aux origines modestes, le distinguent des pâles candidats républicains et le hissent en tête des sondages en septembre et octobre où il caracole au coude à coude avec le favori d’alors Mitt Romney.

La descente aux enfers du candidat au sourire éclatant commence peu après le 30 octobre, avec la première accusation de harcèlement sexuel. En tout, quatre femmes vont le mettre en cause.

L’une d’elle, Sharon Bialek, l’accuse publiquement le 7 novembre d’avoir voulu obtenir des faveurs sexuelles lors d’une rencontre en juillet 1997 à Washington, après qu’elle l’eut contacté pour qu’il l’aide à retrouver du travail.

Dans la foulée, une deuxième femme, Karen Kraushaar, employée au département du Trésor, sort, elle aussi, de l’anonymat. Elle affirme être l’une des deux femmes avec lesquelles Herman Cain avait conclu un réglement à l’amiable dans les années 90 après avoir été, selon elle, victime de harcèlement sexuel lorsqu’elle était employée de le Groupement national des restaurateurs, dont le candidat était alors président.

M. Cain dénonce alors une « chasse aux sorcières » visant à saborder sa campagne. Mais après des explications et démentis embrouillés, il admet le règlement financier à l’amiable tout en niant « avoir agi de façon déplacée avec quiconque ».

Dans la tempête, il ne se départit pas pour autant de son aplomb et accuse « la machine démocrate » d’être derrière ces accusations.

Le 8 novembre, toujours favorablement porté par les sondages, malgré des bourdes sur des questions de politique internationale, il annonce qu’il refuse de se retirer de la course aux primaires: « Cela ne se produira pas, car je fais cela pour le peuple américain ».

« Nous n’allons pas laisser Washington ou les politiques m’enlever l’opportunité de représenter cette grande nation », insiste alors le candidat de 65 ans.

De plus en plus à la traîne dans les sondages, le coup de grâce tombe le 28 novembre avec une accusation d’adultère. Ginger White annonce à la télévision qu’elle a été la maîtresse de M. Cain ces 13 dernières années.

Acculé, le candidat tient bon: il nie toute liaison et réaffirme qu’il continue sa campagne « tant qu’il aura le soutien de sa femme ».

Mais le lendemain, admettant que le flot d’accusations brouille le message de sa candidature, il annonce qu’ »avant ce lundi », il dira s’il poursuit ou non sa campagne.

Un dernier sondage à paraître ce soir le crédite de seulement 8% dans l’Iowa, Etat clé du Centre qui donne le coup d’envoi aux primaires républicaines le 3 janvier.

Paradoxe des paradoxes, la déroute d’Herman Cain profite déjà à Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants, lui aussi connu pour ses liaisons extra-conjugales.

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