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Championnat d’Afrique U-23 – Egypte vs Maroc : Le Maroc en route pour Londres !

Championnat d’Afrique U-23 – Egypte vs Maroc   : Le Maroc en route pour Londres !
Dernière mise à jour le 08/12/2011 à 14:38

Après la défaite concédée cinq jours plus tôt face au Sénégal (0-1), lors de la troisième et dernière journée de la phase de poules, une pluie de critiques souvent injustifiées et/ou excessives était soudainement tombée sur l’ensemble des joueurs de la sélection olympique marocaine et de son staff. Il n’en fallait pas plus pour que ces derniers, touchés dans leur amour propre, n’offrent une réponse à l’occasion de la demi-finale contre l’Égypte. Et quelle réponse !

Départ en trombe

Il valait mieux ne pas manquer le début du match. Car au moment où les tribunes se remplissaient progressivement, les Lionceaux n’ont connu aucun souci à l’allumage. Bien au contraire. Moins de dix minutes après le coup d’envoi de la partie, le Maroc avait déjà scoré à deux reprises. Là où, au milieu de terrain, Driss Fettouhi a éclairé le chemin, les trois attaquants, avec Abdelaziz Barrada en finisseur, ont pris le destin du Maroc en mains. Sur un dédoublement côté gauche initié par le jeune Tighadouini (19 ans), Bidaoui s’infiltrait dans la surface, éliminait trois défenseurs adverses et servait impeccablement en retrait Barrada pour l’ouverture du score (0-1, 1è).

Trouvée dans la profondeur (9è), la révélation de cette sélection marocaine, Tighadouini, prenait de vitesse El Henawy et déclenchait une frappe du gauche que le portier égyptien Lotfy ne parvenait qu’à repousser dans les pieds de… Barrada, pour le doublé (0-2), devenant au passage co-meilleur buteur de la compétition avec trois réalisations.

Révolte et espoirs égyptiens

Mais les Égyptiens étaient bien décidés à se battre jusqu’à la dernière seconde. D’ailleurs, malgré le score, la “révolte” ne se fit pas attendre. Surtout que sur le flanc gauche de l’arrière-garde marocaine, Kerkich qui remplaçait Bergdich (suspendu pour cumul de cartons jaunes), éprouvait nombre de difficultés face aux déplacements incessants de l’intenable Saleh. Les sauvetages in extremis d’Aberhoune (4è), de Faddal (21è) et même du poteau (20è) ont retardé l’échéance jusqu’au moment où, Fettouhi et sa bande, absents des débats depuis un bon quart d’heure, en firent les frais. Côté gauche, Aberhoune perdait son duel face avec El Baset, côté droit, Saleh fixait Kerkich, avant de loger son tir dans le petit filet opposé (1-2). Le match était relancé !

Dur jusqu’au bout

Les troupes de Pim Verbeek ont néanmoins eu le mérite de continuer à produire du jeu et remettre au tapis cette brillante formation égyptienne. Malheureusement, en fin de première période, Barrada (40e, 42e) et Mokhtar (41e), tombaient sur un Lotfy de nouveau inspiré, voire héroïque devant la reprise à bout portant de Bidaoui (62e). Cinq minutes plus tard, la chance a changé de camp, pour un remake quasi identique du premier but des Lionceaux, Bidaoui excellant dans le rôle de passeur et Mokhtar endossant le costume de buteur (1-3). Et alors qu’une fois de plus, tous les observateurs s’accordaient à penser que le plus dur était fait, la fin de match aura fait souffrir les cardiaques, les Égyptiens réduisant à nouveau la marque (2-3 ; 83e).

Jamais deux sans trois ?

Qu’à cela ne tienne, la défense marocaine aura tenu bon jusqu’au coup de sifflet final. Dès lors, le stade chavirait, Driss Fettouhi “mettait la tribune en feu”, et le sentiment de fierté du drapeau national atteignait son apogée, tout comme l’objectif premier, de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres 2012. A présent, libérés par cet exploit, les Lionceaux ne sont pas pour autant rassasiés, comme l’a rappelé à l’issue de la rencontre leur capitaine: “On est très heureux d’avoir décroché cette qualif’, mais maintenant il ne faut pas s’enflammer. Ce soir, on va savourer cette victoire et dès demain se remettre au travail pour remporter la compétition”. Après le titre du MAS en Coupe de la Confédération de la CAF, et cette qualification aux JO obtenue mercredi soir, la sélection olympique marocaine a l’occasion de marquer une troisième fois l’histoire du football marocain et ce, en moins d’une semaine. Jamais deux sans trois?

Zakaria Faddal

Valeur sûre de la défense des Lionceaux, le joueur de l’Espanyol de Barcelone impressionne par son intelligence du jeu. Son positionnement, la qualité de sa relance et “son sang-froid dans les moments chauds” en font le taulier de la sélection marocaine. Sa complémentarité avec Aberhoune dans l’axe central a largement contribué à en faire la meilleure défense du tournoi (avec celle du Gabon).

Driss Fettouhi

C’est la force tranquille de ce groupe. On ne l’entend pas souvent mais quand il “l’ouvre”, chaque mot est pesé. Il est le véritable maillon entre chaque élément de la chaîne marocaine. Capitaine exemplaire, le milieu de terrain du FC Istres a su hausser son niveau de jeu au fil des matchs. Mercredi soir, sa lecture du jeu et son orientation ont été précieuses dans la déstabilisation du bloc égyptien.

Soufiane Bidaoui

On pourrait le qualifier de feu follet de la sélection. A chaque prise de balle, l’attaquant du FC Lierse (Belgique) tente quelque chose. Mais surtout il provoque et va au bout de son idée. Les deux passes décisives contre l’Égypte sont des situations de jeu à montrer dans toutes les écoles de football. Prise de balle, fixation, débordement et “service caviar” en retrait. Le résultat, on le connaît, la première passe a ouvert le bal, la seconde l’a refermé.

Adnane Tighadouini

L’attaquant du vitesse Arnhem est aux Lionceaux ce qu’Assaidi est aux Lions de l’Atlas, c’est-à-dire “la trouvaille” du sélectionneur, en l’occurrence Pim Verbeek. Depuis son entrée en jeu et son but victorieux contre l’Algérie, Tighadouini est devenu un titulaire indiscutable. Tout juste dix-neuf ans et un talent énorme. Surdoué techniquement, explosif, culotté, et solidaire de surcroît dans les phases défensives, Tighadouini fait partie de ses rares joueurs capables de faire la différence à n’importe quel moment.

Abdelaziz Barrada

Buteur sur penalty lors du premier match contre le Nigeria (0-1), le prodige de Getafe a ensuite été plus discret dans le jeu et moins en réussite à l’image de son équipe. Mercredi, par sa conduite de balle, son art de provoquer et ses deux buts précoces (1e, 9è), Barrada a littéralement crevé l’écran. De façon étrange, et bien que formé au PSG, il nous a rappelé la philosophie de jeu propre au joueur marocain. Co-meilleur buteur du tournoi (3 buts) avec le Nigerian Lawal, Barrada peut rejoindre son club Getafe avec le sentiment du devoir accompli.

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