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Iran : face aux sanction occidentales, Téhéran se tourne vers l’Asie

Iran: face aux sanction occidentales, Téhéran se tourne vers l’Asie
Dernière mise à jour le 04/02/2012 à 10:57

Soumis à un blocus de plus en plus sévère imposé par les Etats-Unis et l’Europe depuis 18 mois, l’Iran a réorienté ses échanges commerciaux vers l’Asie, et en particulier la Chine qui est désormais son premier partenaire économique.

« Nos échanges avec l’Europe, qui constituaient à une époque 90% de notre commerce, ne représentent que 23 à 24 milliards de dollars sur les 200 milliards de nos échanges extérieurs », a souligné le président Mahmoud Ahmadinejad après le renforcement des sanctions financières et pétrolières par l’Union européenne en janvier.

Ces sanctions, qui visent depuis l’été 2010 à accroître la pression contre le programme nucléaire controversé de l’Iran, « n’ont pas rétréci le monde pour nous » contrairement à ce que disent les Occidentaux, a-t-il insisté.

L’Iran devrait exporter, durant l’année iranienne 2011-2012 s’achevant en mars, quelque 100 milliards de dollars de pétrole et 45 milliards de dollars d’autres produits, notamment pétrochimiques et agricoles, pour 55 milliards d’importations, selon les estimations officielles.

« Les sanctions, comme celles appliquées par le passé, vont nous permettre de couper tous les liens économiques avec l?Occident », a estimé fin janvier le général Hossein Salami, numéro deux des Gardiens de la révolution, la garde prétorienne du régime qui est l’une des cibles des sanctions occidentales.

Alors que l’UE n’achète plus que 20% du brut iranien contre 35% en 2005, les exportations européennes vers l’Iran ont baissé de 11% au premier semestre 2011.

L’Iran de son côté exporte désormais plus de 70% de son pétrole vers les pays d’Asie, en particulier la Chine, l’Inde, Le Japon, la Corée du Sud mais aussi la Turquie. La Chine et l’Inde, les deux géants asiatiques qui achètent à eux seuls près de 40% du brut iranien, refusent de se joindre aux sanctions occidentales contre Téhéran, et ont rejeté notamment l’embargo pétrolier décidé en janvier.

Bien au contraire, les échanges commerciaux avec la Chine sont passés de 29 milliards de dollars en 2010 à 45 milliards en 2011, un bond de plus de 50%, et les deux pays prévoient de les faire passer à 100 milliards d?ici 2015.

De même, les échanges avec la Corée du Sud ont augmenté de 61% en 2011 pour atteindre 18,5 milliards de dollars, tandis que le commerce avec la Turquie, qui refuse aussi d’appliquer les sanctions occidentales, a connu une progression identique en passant de 10 à 16 milliards.

En revanche, les échanges avec les Emirats arabes unis, longtemps principal point d’entrée des produits européens, américains ou asiatiques vers l’Iran, se sont tassés après que ce pays ait pris lui aussi des sanctions bancaires contre Téhéran. Les produits en provenance des Emirats ne représentent désormais plus qu’un tiers des importations iraniennes.

Si les sanctions bancaires américaines et européennes rendent de plus en plus difficiles les importations en euros ou en dollars ainsi que le transfert des pétrodollars vers l’Iran, elles favorisent en revanche le commerce avec les acheteurs asiatiques du pétrole iranien.

« Les lettres de crédits sont ouvertes désormais en yuans chinois, en roubles russes ou en livres turques, ce qui oblige les importateurs à acheter leurs produits dans ces pays », relève un homme d’affaire iranien ayant requis l’anonymat. « Les restrictions financières occidentales vont renforcer nos liens commerciaux avec les pays d’Asie, la Russie et la Turquie », ajoute-t-il.

« En 1995, lorsque les Américains ont imposé des sanctions unilatérales contre l’Iran, ils ont favorisé le commerce entre l’Iran et l’Europe. Aujourd’hui, avec les sanctions européennes, nous allons favoriser les entreprises asiatiques », relevait, il y a quelques mois, un diplomate européen à Téhéran.

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