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L’Europe augmente la pression sur Damas

L’Europe augmente la pression sur Damas
Dernière mise à jour le 07/02/2012 à 17:09

Plusieurs pays européens ont rappelé mardi leurs ambassadeurs de Syrie pour dénoncer la poursuite de la répression contre les civils, alors qu’un nouveau train de sanctions européennes est en préparation contre le régime de Bachar al-Assad.

Sans aller aussi loin que les Etats-Unis qui ont, eux, annoncé la fermeture de leur ambassade en Syrie pour raisons de sécurité, la Belgique, le Royaume-Uni, suivis mardi de l’Espagne, de la France, de l’Italie et des Pays-Bas, ont annoncé le rappel de leurs ambassadeurs pour « consultations ».

L’Allemagne de son côté n’a pas l’intention « pour le moment » de pourvoir son poste actuellement vacant d’ambassadeur en Syrie.

Ces annonces coïncident avec la décision des monarchies arabes du Golfe d’expulser les ambassadeurs de Syrie dans leurs pays et de retirer les leurs en poste à Damas. Elle n’ont toutefois pas été concertées au niveau européen.

D’autres pays européens comme la Pologne, la Grèce, la Bulgarie, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Suède, la Norvège ou la Finlande ont préféré ne pas rejoindre le mouvement, au moins dans l’immédiat.

« Nous considérons qu’il est très important d’avoir un représentant en poste pour suivre la situation et si nécessaire, aider les ressortissants bulgares vivant en Syrie », souligne ainsi Vesela Cherneva, du ministère bulgare des Affaires étrangères.

La Pologne a d’autant moins l’intention de rappeler son ambassadeur qu’elle a accepté lundi de représenter les intérêts des Etats-Unis en Syrie après la fermeture de leur ambassade à Damas, comme elle l’avait déjà fait entre 1991 et 2003 en Irak.

La décision de rappeler les ambassadeurs reste du ressort des différent Etats de l’UE, qui n’ont pas forcément la même appréciation.

Le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, Michael Mann, a souligné que l’UE en tant que telle n’avait pour sa part « aucun plan pour retirer le chef de (sa) délégation », le Grec Vassilis Bontosoglou.

« Nous pensons qu’il est important de conserver nos représentants sur place car il n’y a pas de presse libre » pour se tenir informés, a-t-il précisé.

Déjà débattue à la dernière réunion des ministres européens des Affaires étrangères en janvier à Bruxelles, la question d’un rappel coordonné des ambassadeurs ne fait pas l’unanimité, reconnaît un diplomate européen.

Alors que la répression des manifestations contre le régime a fait plus de 6.000 morts depuis 11 mois dans le pays, selon des ONG, les Vingt-Sept travaillent davantage de concert quand il s’agit de sanctionner Damas: ils discutent depuis lundi d’un nouveau renforcement de leurs mesures contre le régime de Bachar al-Assad.

Ce nouveau train de sanctions –le douzième depuis le printemps 2011– est encore loin d’être prêt, souligne un diplomate européen, qui précise qu’il s’agira de nouvelles mesures économiques destinées à limiter « davantage encore l’accès du régime syrien à des sources de financement ».

Parmi les idées sur la table figurent les transactions avec « la banque centrale, le commerce d’or et de métaux précieux », a précisé un autre diplomate.

Dans un précédent train de sanctions, l’UE a déjà interdit aux opérateurs européens d’approvisionner la banque centrale syrienne en pièces et billets. Elle pourrait désormais s’en prendre à certaines transactions commerciales avec la banque centrale, sur le modèle de ce que l’Europe vient de décider à l’encontre de la banque centrale iranienne.

L’Europe a déjà imposé un embargo sur les ventes d’armes, une interdiction d’importer du pétrole brut syrien et celle de procéder à de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier de ce pays. Des sanctions touchent aussi directement près de 150 personnes et organisations liées au régime.

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