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Perspectives de l’économie nationale entre 2011 et 2015 : Le HCP plus pessimiste que Nizar Baraka

Perspectives de l’économie nationale entre 2011 et 2015 : Le HCP plus pessimiste que Nizar Baraka
Dernière mise à jour le 16/02/2012 à 15:25

Dans sa note de synthèse du HCP du 15 février, si la vision à court terme pour l’exercice 2012 rejoint les prévisions annoncées par le ministre des Finances Nizar Baraka, le HCP reste quant à lui beaucoup plus pessimiste pour les années suivantes et jusqu’en 2015, quelque soit le scénario envisagé.

Le HCP présente trois scénarios possibles.

Le scénario de référence

En tenant compte de la poursuite des tendances observées entre 2005 et 2011, et un baril de pétrole autour de 100 dollars, la croissance et la consommation des ménages devraient croître respectivement de 5,5% et 5,2% annuellement. Mais l’augmentation des dépenses publiques, conjuguée à un ralentissement de la croissance des recettes fiscales aggraverait le déficit budgétaire qui devrait atteindre 6,3% en 2015.

656 milliards de dirhams de dette publique

Dans ces conditions l’endettement public direct total devrait atteindre 60% du PIB avec un encours de 656 milliards de dirhams.

Le problème est plus grave au niveau des finances extérieures. Même la croissance des transferts des MRE, face à une augmentation continue des sorties des revenus des investissements, ne permettrait pas de compenser l’accentuation du déficit des ressources. Le solde de la Balance des paiements qui était de 6,6% du PIB en 2011, risque ainsi d’atteindre 8,5% en 2015, entraînant une augmentation de la dette extérieure qui devrait atteindre 37,1% du PIB en 2015.

3,8 mois de réserve de change en 2015

Cette évolution impacterait le niveau de nos réserves de change qui ne devraient plus représenter que 3,8 mois d’importations de biens et services en 2015 (contre 5,5 mois aujourd’hui).

Scénario où l’environnement international serait plus dégradé

Dans un deuxième scénario, le prix du baril de pétrole est estimé autour de 150 dollars, et le taux d’intérêts sur les marchés internationaux serait de 6%.

9% de déficit budgétaire en 2015

Dans ces conditions, le déficit budgétaire atteindrait un niveau de 9% du PIB en 2015 et le déficit du compte courant extérieur représenterait 10% du PIB. Autant d’éléments qui remettraient en cause la solvabilité des finances extérieures et affecteraient l’attractivité du Maroc.

Scénario de rééquilibrage

Pour faire face aux précédents scénarios, selon le HCP, il faut aller chercher une plus grande contribution du secteur privé national et étranger à la réalisation des grands chantiers programmés. Dans cette situation, les recettes publiques seraient améliorées et les dépenses budgétaires diminuées.

Selon le HCP cela permettrait d’augmenter la productivité totale des facteurs de près d’un point. Les exportations auraient alors une croissance de 6,5% par an au lieu de 5,7% précédemment. Cela suppose que les investissements étrangers atteindraient 5,1% du PIB en 2015. Dans ce scénario la croissance économique serait de 5,8% par an entre 2011-2015 au lieu de 5,5%.

En outre le déficit budgétaire resterait au niveau de 3,7% et le déficit de la balance de paiement serait à 4,2% du PIB en 2015, au lieu de 10% dans les scénarios précédents.

Qu’en est-il pour 2012 ?

Selon la note du HCP, concernant  les prévisions pour l’année 2012, la demande intérieure devrait continuer de tirer la croissance économique nationale. Ainsi la consommation des ménages s’accroîtrait de 5% en volume et celles des administrations de 2%. Quant aux investissements dans les biens d’équipement, et le logement, leur croissance est prévue à 6%. Cette augmentation sera notamment favorisée par le soutien budgétaire des prix à la consommation.

Selon la note du HCP, l’inflation en 2012 atteindra 2,1% au lieu des 1,3% de 2011.

Sur le plan du financement de l’économie, le déficit des échanges extérieurs devrait atteindre 7,1% du PIB en 2012: un chiffre qui traduit l’écart important entre le taux d’épargne nationale en légère amélioration (29,9% du PIB en 2012), et le taux d’investissement (37% du PIB).

La pérennité du modèle économique basée sur la consommation interne

La capacité de financement de l’économie s’est détériorée étant donné que le taux de couverture des investissements par l’épargne, qui représentait plus de 109% en 2006, ne dépasse pas aujourd’hui 80%.

Toujours selon la note de synthèse du HCP, l’économie nationale devrait cette année enregistrer un ralentissement de sa croissance pour s’établir à 4,1% au lieu de 4,8% en 2011. Les activités non agricoles s’accroitraient de 4,9% alors que le secteur agricole devrait connaître une baisse de sa valeur ajoutée de 2,2%.

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