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Le journaliste français Rémi Ochlik et l’Américaine Marie Colvin tués en Syrie

Le journaliste français Rémi Ochlik et l’Américaine Marie Colvin tués en Syrie
Dernière mise à jour le 22/02/2012 à 14:25

Les deux journalistes tués à Homs, en Syrie, sont l’Américaine Marie Colvin et le Français Rémi Ochlik, a déclaré le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, tandis que Le Figaro annonçait qu’une de ses reporters avait été blessée aux jambes.

De nombreux journalistes ont été tués depuis le début des violences en Syrie et « là, une Américaine Marie Colvin et Rémi Ochlik, 28 ans, tué à Homs alors qu’il faisait son métier de reporter photographe. C’est absolument bouleversant », a dit le ministre selon des images de I-Télé.

De son côté, Philippe Gélie, chef du service étranger du Figaro, a annoncé à l’AFP qu’Edith Bouvier, 31 ans, reporter du quotidien, figurait parmi les journalistes blessés à Homs, épicentre de la contestation contre le régime syrien.

« J’ai reçu deux appels de Homs ce matin m’apprenant qu’Edith Bouvier a été blessée aux jambes, nous nous efforçons d’organiser son évacuation », a-t-il dit à l’AFP. « Nous sommes en contact avec les ambassades française et britannique ainsi que la Croix-Rouge pour parvenir à la localiser puis à l’évacuer », a ajouté M. Gélie, soulignant qu’il n’avait pas d’indication sur la gravité de ses blessures.

« Ca montre combien la liberté d’informer est importante et combien le métier de journaliste peut être difficile et dangereux. Ca montre que maintenant ça suffit, ce régime doit partir il n’y a aucune raison que les Syriens n’aient pas le droit de vivre leur vie, de choisir leur destin librement », a déclaré à la presse le président Nicolas Sarkozy.

De son côté le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a annoncé avoir demandé « au gouvernement syrien l’arrêt immédiat des attaques et le respect des obligations humanitaires qui s’impose à lui ».

« J’ai demandé à notre ambassade à Damas d’exiger des autorités syriennes un accès sécurisé et médicalisé pour porter secours aux victimes avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ». « J’ai demandé à mon directeur de cabinet de convoquer l’ambassadrice de Syrie à Paris pour lui faire part de ces exigences et lui rappeler le caractère intolérable du comportement du gouvernement syrien », a ajouté M. Juppé dans un communiqué.

Les deux journalistes tués « ont en plus été poursuivis alors qu’ils essayaient d’échapper aux bombardements », a précisé Frédéric Mitterrand.

Rémi Ochlik était photographe à l’agence IP3 Press, basée à Paris, et dont il avait été un des fondateurs en 2005.

« Je viens d’arriver à Homs, il fait encore nuit. La situation semble incroyablement tendue et désespérée », écrivait-il la nuit dernière dans un mail adressé au rédacteur en chef photo de Paris Match, Guillaume Clavières.

« Il était parti il y a quinze jours en Syrie avec l’un de nos reporters, Alfred de Montesquiou, mais on les a fait rentrer la semaine dernière. Rémi est reparti tout seul », a expliqué ce dernier à l’AFP.

Né dans l’Est de la France, Rémi Ochlik avait commencé à l’agence Wostok à Paris, après des études de photo à l’école Icart.

En 2005 il avait co-fondé l’agence IP3 Press, dont l’objectif est de couvrir l’information à Paris et les conflits dans le monde.

Il avait couvert de nombreux conflits comme la guerre dans la République démocratique du Congo en 2008, ou en 2011 les révolutions en Tunisie, en Egypte, et la guerre de Libye, des photos publiées dans le monde entier et pour lesquelles il avait reçu de nombreux prix, comme au World press 2012 où il avait été récompensé pour ses reportages en Libye.

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