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Point de vue : L’incertitude sénégalaise

Point de vue : L’incertitude sénégalaise
Dernière mise à jour le 23/02/2012 à 17:05

Dimanche 26, jour de scrutin présidentiel, jour crucial dans l’histoire politique du Sénégal, jour de toutes les incertitudes. Jamais élections présidentielles n’avaient été si incertaines au Sénégal. À trois jours du vote, le chaos règne toujours dans les rues des grandes villes du pays, la faute à Abdoulaye Wade contre qui l’opposition sénégalaise et le Mouvement du 23 juin se sont ligués pour qu’il retire sa candidature validée par le Conseil constitutionnel, le 26 janvier dernier.

Depuis cette validation, le Sénégal a vécu au rythme de manifestations anti-Wade qui ont fait une dizaine de morts: du jamais vu au Sénégal à la veille d’une élection présidentielle. Le déroulement du vote et l’après publication des résultats font craindre un regain de violences.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a dépêché, il y a deux jours, une mission d’observation dirigée par l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, celui-là même à qui Wade avait demandé, il y a quelques années, de ne pas se présenter pour un troisième mandat pour préserver la paix dans son pays. Les deux hommes se sont rencontrés, mercredi tard dans la nuit. Que se sont-ils dit? Rien n’a filtré de cette rencontre. Mais tout laisse croire que la Cedeao prépare plus l’après élection qu’autre chose. Et la visite d’Obasanjo, intervenue seulement quatre jours avant l’élection, conforte ce point de vue.

L’incertitude plane à tous les niveaux. D’abord, on ne peut parier à ce jour sur le candidat de l’opposition capable de battre Wade rien que par les urnes. L’opposition a passé son temps à manifester alors que Wade, bien qu’impopulaire mais drainant encore des foules, faisait le tour du pays pour battre campagne. Ensuite, on ne peut prédire ce qui se passera si toutefois Wade gagne ou passe au deuxième tour.

Les urnes restent le dernier recours pour faire partir Wade. Un échec à ce niveau installerait le chaos total au Sénégal, d’autant qu’il se murmure qu’un plan de fraude électorale a été bien ourdi par Wade et ses thuriféraires.

Prions que la paix, qui avait jusqu’ici régné au Sénégal, revienne par les urnes.

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