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Sénégal : Forte mobilisation pour une élection présidentielle à risques

Sénégal : Forte mobilisation pour une élection présidentielle à risques
Dernière mise à jour le 26/02/2012 à 11:02

Pour preuve des tensions politiques qui depuis plusieurs semaines planent sur le Sénégal, le chef de l’État sortant Abdoulaye Wade, candidat à la présidentielle de dimanche, a voté dimanche à Dakar sous les huées de plusieurs centaines de personnes qui ont couvert les applaudissements de quelques dizaines de partisans et des membres de sa délégation.

Quelque 5,3 millions d’électeurs étaient appelés hier à choisir pour le premier tour entre M. Wade, 85 ans, élu en 2000 et réélu en 2007, qui brigue un nouveau mandat de 7 ans, et 13 candidats opposants qui jugent sa candidature anti-constitutionnelle. Les partisans de Wade soulignent en revanche que des réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent bien le droit de se représenter.

Les tensions politiques dans ce pays qui fait figure de modèle démocratique dans une Afrique de l’Ouest instable ont fait craindre une fuite en avant, au point que l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, chef de la mission d’observation de l’Union africaine (UA), a proposé samedi d’“échapper au chaos” en limitant à deux ans le mandat du président sortant s’il était réélu… Un compromis rapidement rejeté aussi bien par l’opposition que par le camp présidentiel.

Hier les observateurs sénégalais et internationaux étaient en place dans les bureaux de vote.

Crainte des violences

Dès leur ouverture hier, les files dans les bureaux de vote se sont rapidement formées et jusqu’à la mi-journée, l’opération de vote se déroulait normalement dans l’ensemble, tant à Dakar et ses banlieues que dans plusieurs villes de province.

“Il n’y a pas de problème ce matin, mais c’est en fin de journée qu’il faudra surveiller. Le président va tenter de voler l’élection. Mais il faut que le Vieux parte.”

Amadou Ndiaye, 62 ans, à la sortie du vote.

Si beaucoup d’électeurs restent discrets sur leur choix, une majorité des personnes qui acceptent de s’exprimer mettent en avant leur rejet d’Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir pendant les douze dernières années, dont la candidature est contestée par l’opposition.

“Wade, il a bien travaillé mais il est trop vieux maintenant. Il faut qu’il laisse la place à un homme digne et sérieux, comme Macky Sall, qui a lui aussi été Premier ministre de Wade.”

Cheikh Angai, un jeune homme à la sortie du vote.

Beaucoup de Sénégalais ont été surpris et choqués par les violences qui ont émaillé la campagne, autour de la question de la légalité de la candidature d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat.

De plus, les appels de plusieurs candidats, dont le président Wade, à leurs partisans afin de “sécuriser” le vote et de “protéger” leurs bulletins pour éviter toute fraude, ont fait craindre des troubles.

Le collectif de jeunes “Y’en a marre”, à la pointe du combat contre la nouvelle candidature du président sortant, très écouté dans les banlieues populaires dakaroises où il est né il y a plus d’un an, a appelé à voter massivement avec un seul mot d’ordre: “Tout sauf Wade”.

Le président sénégalais s’est dit de son coté persuadé d’avoir une “majorité écrasante” dès le premier tour, assurant qu’une révolte des Sénégalais contre lui n’est pas possible, dans un entretien à l’hebdomadaire français le Journal du Dimanche.

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