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Les percherons de Mohammed VI, symboles d’une race plébiscitée dans le monde

Les percherons de Mohammed VI, symboles d’une race plébiscitée dans le monde
Dernière mise à jour le 28/02/2012 à 6:52

Ils sont les « chouchous » du roi du Maroc: Quintus et Rivulus, deux superbes chevaux percherons de près d’une tonne présentés pendant le salon de l’Agriculture de Paris, reflètent l’attrait des étrangers pour cette race de trait qui descend des chevaux arabes.

Crinière et queue tressées de rouge et vert, aux couleurs du Maroc, les deux étalons suscitent l’admiration du public, qui vient en foule assister aux présentations quotidiennes dans le cadre du plus grand salon agricole du monde, qui se tient actuellement à Paris.

Il y a de quoi: Rivulus, 7 ans, est l’un des plus beaux percherons au monde, avec sa robe noire lustrée. Il a été désigné « champion international de la race » à l’automne dernier.

Quintus, 8 ans, splendide gris pommelé au profil altier rappelant les chevaux arabes, est lui « le plus grand cheval du salon », rappelle une animatrice au micro, avec 1,89m au garrot. Il pèse plus d’une tonne.

Il y a deux ans, Quintus a tapé dans l’oeil de Mohammed VI, qui l’a acheté et installé dans la résidence qu’il possède en France dans l’Oise, au nord de Paris.

« Le roi s’est pris de passion pour cette race, il les a trouvés magnifiques », explique Cyrille Lavenu, soigneur de Quintus, le « chouchou » de l’écurie.

Le souverain ne s’arrête pas là et fait l’acquisition de plusieurs autres percherons, dont Rivulus, en octobre dernier. Outre les deux étalons, quatre juments et deux poulains sont désormais en pension dans l’Oise.

Mohammed VI vient les voir « au moins une fois par an. Il les monte, les regarde, les fait travailler à l’attelage », raconte Maurice Pellenc, chargé de l’entretien de la résidence royale.

Un engouement « logique »

Pour Jean-Jacques Léon, responsable de la généalogie à la Société hippique percheronne de France (SHPF), l’engouement du roi est somme toute « logique. Il est tombé amoureux d’un cheval arabe que l’on a un peu grossi ».

Le percheron compte en effet parmi ses ancêtres des chevaux orientaux, auxquels il doit son « beau port de tête ». « C’est la version +luxe+ des chevaux de trait », sourit M. Léon.

Le souverain marocain n’est pas le seul à avoir succombé aux charmes de l’équidé originaire de la région du Perche, en Basse-Normandie (ouest de la France). Le percheron est la troisième race française de chevaux de trait en terme d’effectifs, avec environ 10.000 représentants.

Mais il est le plus demandé à l’étranger. « Il y a plus de percherons en Amérique du Nord qu’en France », note Didier Lalonde, administrateur de la SHPF.

On trouve aussi des percherons en Colombie, en Argentine, en Russie, au Japon et en Australie, ces deux derniers pays les croisant souvent avec d’autres races.

« Ils les achètent pour le plaisir et pour créer des élevages », souligne M. Léon.

L’Allemagne, premier pays acheteur, est très friande des percherons noirs, pour harmoniser ses grands attelages de brasseurs pendant les fêtes de la bière.

Les Allemands utilisent aussi les percherons pour le transport de certaines marchandises, qui revient aussi au goût du jour en France, tout comme le travail dans la vigne, note M. Léon.

De nouveaux débouchés bienvenus pour cette race dans une situation délicate depuis des décennies. « Les effectifs ont été divisés par 100 depuis l’avènement du tracteur. Aujourd’hui, 80% du cheptel va vers la boucherie », rappelle Sophie Bougnel, de l’association France Trait.

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