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De moins en moins d’Africains dans la pauvreté, d’après la Banque mondiale

De moins en moins d’Africains dans la pauvreté, d’après la Banque mondiale
Dernière mise à jour le 29/02/2012 à 19:30

Le nombre d’Africains vivant dans une extrême pauvreté a atteint son pic en 2005 et a reculé ensuite, selon des chiffres publiés mercredi par la Banque mondiale.

L’institution estime qu’en Afrique subsaharienne, 395 millions de personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour en 2005. Ce chiffre était tombé à 386 millions en 2008.

Dans cette région, « pour la première fois depuis 1981, moins de la moitié de la population vivait sous le seuil de 1,25 dollar par jour »: 47%, contre 52% en 2005.

La Banque mondiale, qui base ses statistiques sur 850 sondages auprès des ménages de 130 pays en développement, n’a que des données préliminaires pour 2010. Mais la tendance se poursuit, d’après elle.

« Si les crises alimentaire, énergétique et financière qui ont frappé au cours des quatre dernières années ont par moments eu de graves incidences sur les populations vulnérables et ralenti le rythme de réduction de la pauvreté dans certains pays, la pauvreté a continué de baisser à l’échelle mondiale », a-t-elle expliqué.

L’Afrique subsaharienne reste la région où la pauvreté frappe le plus, en proportion.

Les 47,5% de pauvres de l’Afrique la placent loin devant l’Asie du Sud (36,0%), l’Asie de l’Est et Pacifique (14,3%), l’Amérique latine et Caraïbes (6,5%) et le Moyen-Orient et Afrique du Nord (2,7%).

Mais l’Asie du Sud, deux fois plus peuplée, compte plus de pauvres en nombre.

Si l’on relève le seuil à 2 dollars par jour, 69% de la population d’Afrique subsaharienne vit dans la pauvreté, soit 562 millions d’habitants, moins qu’en Asie du Sud (70%).

Principale explication des progrès africains: une croissance économique aidée par « le niveau élevé des prix des matières premières », expliquait au début du mois l’économiste en chef pour l’Afrique de la Banque mondiale, Shanta Devarajan, sur son blog.

Cependant, « la plupart des pays sont dépendants de trois produits pour la moitié (ou plus) de leurs exportations », rappelait-il, ce qui les rend vulnérables aux aléas des marchés financiers.

« Le secteur privé africain attire de plus en plus d’investissements » et est « à la base de la création d’une classe moyenne africaine naissante forte de centaines de millions de consommateurs », lisait-on dans l’introduction à la nouvelle « stratégie pour l’Afrique » lancée par la Banque en 2011.

« L’Afrique est au seuil de son décollage économique, comme avant elle la Chine il y a 30 ans et l’Inde il y a 20 ans », ajoutait l’institution.

Beaucoup de progrès restent à faire, sur un continent qui garde la croissance démographique la plus rapide au monde: 7 à 10 millions d’Africains entrent sur le marché du travail chaque année, et une bonne part se retrouvent sous-employés, d’après la Banque mondiale.

Elle estime que l’Afrique est loin de réaliser tout son potentiel, faute d’infrastructures modernes, d’un système de santé efficace, d’une agriculture capable de faire face aux aléas climatiques et de stabilité politique dans certains pays.

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