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Un an après Fukushima, la contamination est « chronique et pérenne »

Un an après Fukushima, la contamination est « chronique et pérenne »
Dernière mise à jour le 29/02/2012 à 12:09

Un an après la catastrophe qui a touché la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, la contamination radioactive a fortement décru mais elle est désormais “chronique et pérenne”, a annoncé mardi l’Insitut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN).

Selon les estimations, encore provisoires, réalisées par l’Institut depuis la catastrophe, les rejets d’iodes radioactifs dans l’atmosphère ont atteint 408 millions de milliards de becquerels, un chiffre qui reste dix fois inférieur à celui de l’explosion de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Ces iodes ont une “période radioactive” très courte, autrement dit leur radioactivité décroît de moitié rapidement (de quelques heures à huit jours selon le type d’iode) et ils ont surtout représenté un risque pour l’environnement et la santé durant les premières semaines après l’accident.

Césiums radioactifs

Mais les trois réacteurs accidentés et les explosions d’hydrogène dans les bâtiments de la centrale ont aussi libéré de grandes quantités de césiums radioactifs, à la durée de vie beaucoup plus longue: 58 millions de milliards de becquerels (environ trois fois moins que pour Tchernobyl).

Le césium 137 ayant une période radioactive de 30 ans, il reste aujourd’hui 98% de sa radioactivité initiale dans l’environnement, un taux qui sera encore de 81% en 2020, souligne Didier Champion, directeur de la crise à l’IRSN.

“La contamination initiale liée à l’accident a fortement décru. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en a plus, loin s’en faut. Aujourd’hui, et pour de nombreuses années, nous sommes dans un état de contamination chronique et pérenne de l’environnement.”

Didier Champion, directeur de la crise à l’IRSN.

Au total, sur environ 24.000 km2 du territoire japonais contaminés par le césium 137, seuls 600 km2 dépasseraient aujourd’hui le seuil des 600.000 becquerels par m2, estime l’IRSN.

Quant aux conséquences sanitaires, aucune victime directe de l’accident nucléaire n’a pour l’instant été signalée. Mais de nombreuses incertitudes demeurent sur l’exposition potentielle des populations mais aussi sur les doses reçues par les employés de l’exploitant de la centrale, Tepco, et les secours présents sur place (pompiers, policiers, etc), déplore l’IRSN.

L’IRSN base son rapport sur les compte-rendus de ses équipes sur place et sur les données fournies par le Japon.

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