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Controverse en Egypte sur la levée d’interdiction de sortie en faveur d’activistes étrangers

Controverse en Egypte sur la levée d’interdiction de sortie en faveur 
d’activistes étrangers
Dernière mise à jour le 05/03/2012 à 10:55

La décision du gouvernement égyptien de lever l’interdiction de sortie du territoire égyptien imposée à des membres d’ONG, notamment des Américains, accusés de financement d’activités illicites en Egypte, a suscité des réactions controversées au sein de la société et la scène politique et judiciaire égyptienne.

Des juges égyptiens ont demandé au haut conseil de la magistrature et au ministre de la justice d’ouvrir une enquête pour identifier la partie qui est intervenue dans l’action de la justice pour faire annuler la décision du tribunal concernant l’interdiction de sortie des activistes étrangers avant le procès, prévu jeudi prochain.

Les juges pointent du doigt, dans cette affaire, le président de la cour d’appel, Ibrahim Abdelmoez, un des hommes influents de la justice égyptienne lors de la période de transition. Il était à la tête de la haute commission des législatives qui a supervisé les élections de l’assemblée du peuple et du conseil de la Choura et membre de la commission de l’élection présidentielle.

Mohamed Saad Katatni, président de l’assemblée du peuple, qui a vivement critiqué l’ingérence dans l’action du juge, a affirmé que les magistrats impliqués dans cette affaire seront poursuivis.

Le Parlement va convoquer le 11 mars le Premier ministre Kamal al-Ganzouri et d’autres ministres afin qu’ils expliquent leur décision et les « tiendra pour responsables de ce crime, qui représente une ingérence dans les affaires de la justice égyptienne », a-t-il déclaré lors d’un discours devant les députés.

Membre du Parti de la liberté et de la justice, issu de la confrérie des Frères musulmans, qui domine près de 50 pc des sièges de l’assemblée du peuple et de 70 pc du Conseil de la Choura, Katatni a souligné que « cette affaire ne peut être close par une décision politique ».

Pour la commission de la défense et de la sécurité nationale à l’Assemblée du peuple, il est impératif de retirer la confiance au gouvernement de Kamal El Ganzouri et de former un gouvernement de coalition, présidé par le PJL.

Réunis dimanche, les membres de cette commission ont souligné que « cet exécutif ne mérite pas la confiance de l’assemblée du peuple » après la décision de lever l’interdiction de sortie du territoire égyptien imposée à des membres d’ONG.

Dans ce sens, ils ont demandé d’auditionner le Premier ministre et le ministre de la Justice sur les développements de l’affaire du financement étranger et la libération des accusés étrangers.

Par ailleurs, des partis politiques et candidats à la présidentielle ont demandé une enquête pour dévoiler ceux qui sont derrière une telle décision.

Dans ce contexte, le candidat à la présidentielle, Mohamed Salim Aloua a estimé que la sortie des accusés étrangers avant leur procès entamera la confiance des Egyptiens dans la régularité des juges qui encadrent les présidentielles.

Pour le président de l’association d’assistance juridique aux droits de l’homme en Egypte, l’intervention de juridictions de haut niveau pour lever l’interdiction est un « crime puni par la loi ». Une telle décision relève d’une atteinte à l’indépendance de la Justice égyptienne, a-t-il déploré.

Sur la scène politique, le parti Al Wafd a condamné la politisation de l’affaire des financements illégaux.

L’ancien président de l’Agence internationale de l’Energie atomique, M.

Mohamed Baradei a, quant à lui, qualifié cette ingérence dans les affaires de la Justice d' »atteinte à la démocratie ».

Il a estimé que « les errances du processus en cours sont irréconciliables avec une justice indépendante et une vraie démocratie ».

En réaction, le Premier ministre égyptien, Kamal Al Djanzouri, a écarté la responsabilité du gouvernement dans l’affaire du financement étranger d’ONG et de ses développements qui ont abouti à la levée de l’interdiction de voyager des accusés dans cette affaire.

Dans une déclaration, M. El Ganzouri a indiqué que cette affaire concerne Conseil suprême des forces armées (CSFA) et la justice.

De son côté, le ministre égyptien de la Justice Adel Abdelhamid a indiqué que la constitution ne lui confère aucun droit d’interférer dans les affaires de justice, ajoutant que seul le Conseil suprême de magistrature est habilité à traiter l’affaire du financement étranger. Il s’est également engagé à diligenter une enquête sur la mise en liberté des Américains impliqués dans cette affaire.

Pour le porte-parole officiel du ministère égyptien des Affaires étrangères, cette question relève de la Justice et non du ministère des Affaires étrangères provoquant l’ire de juristes et de militants politiques qui ont vivement critiqué l’attitude floue de la diplomatie égyptienne à l’égard de cette affaire.

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