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Pour fuir les violences en Syrie : Plus de 3.000 Syriens réfugiés au Liban en quelques jours

Pour fuir les violences en Syrie : Plus de 3.000 Syriens réfugiés au Liban en quelques jours
Dernière mise à jour le 06/03/2012 à 10:16

Damas a encore accru mardi sa pression militaire sur les rebelles, notamment dans le sud et à la frontière libanaise, par où transitent de nombreux réfugiés fuyant les violences, trois jours avant la mission de l’émissaire international Kofi Annan pour négocier un cessez-le-feu.

La voie de sortie des réfugiés vers le Liban, bombardée

Alors que l’afflux de réfugiés s’accentue, l’armée syrienne a bombardé mardi le pont de Qousseir, dans la province de Homs, la principale voie de passage pour les réfugiés syriens, notamment les blessés, qui fuient vers le Liban, ont indiqué à l’AFP une ONG syrienne et des militants.

Selon, Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme OSDH, (précisant que ce pont est très proche de la frontière), les autorités syriennes “essaient de fermer tous les accès entre le Liban et la Syrie”, dans la province syrienne de Homs, frontalière de l’est et du nord du Liban.

“Il s’agit de la principale route par laquelle transitent les blessés  (…) et  le pont n’est plus pratiquable”.

Rami Abdel Rahmane

Des réfugiés par milliers

Quelque 3.000 réfugiés syriens sont arrivés depuis le week-end dans le Liban voisin pour fuir les violences notamment dans la région de Homs (centre), ont indiqué mardi les autorités libanaises. Un responsable libanais a fait part au journal panarabe Asharq al-Awsat, d’un ‘“afflux sans précédent” en ce début de semaine.

Les réfugiés syriens arrivés dans le nord et l’est du Liban, souvent avec leurs vêtements comme seul bagage, y vivent dans des condition misérables, hébergés chez des familles libanaises ou dans des écoles et autres bâtiments désaffectés, guettant à la télévision les nouvelles de leur pays.

La pression s’intensifie sur les rebelles

Parallèlement, l’OSDH indiquait, hier mardi, que la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud de la Syrie, était de nouveau dans le collimateur des forces du régime.

Depuis la prise le 1er mars de Baba Amr, quartier rebelle de Homs, les forces du régime mettent la pression sur d’autres bastions de l’ASL, notamment à Rastane (20 km de Homs) déclarée ville “libre” depuis le 5 février et bombardée régulièrement depuis.

“Ce qui se passe à Rastane est identique à ce qui s’est passé à Baba Amr: blocus, tirs d’artillerie et au lance-roquettes”, a affirmé de son côté Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne. “Les combattants de l’ASL sont encore à Rastane, ils ne cèderont pas facilement car personne ne veut d’un deuxième Baba Amr”, a-t-il ajouté.

À quand un cessez-le-feu ?

Sur le plan diplomatique, les pressions s’accentuent et les sanctions économiques sont renforcées chaque jour.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi Damas à autoriser l’ouverture “immédiate” de couloirs humanitaires pour les populations civiles victimes des violences.

Les Occidentaux ont profité de la victoire de Vladimir Poutine en Russie, alliée de Damas, pour demander lundi “un nouveau regard sur la tragédie en Syrie maintenant que l’élection est terminée, d’après Washington. Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères a répliqué mardi que le nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, actuellement discuté à New York, et réclamant un cessez-le-feu humanitaire, n’est toujours pas “équilibré”.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov doit rencontrer ses homologues arabes samedi au Caire, tandis que ce même jour, l’émissaire conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, se rend à Damas. Ce dernier veut y délivrer un “message clair: les massacres et la violence doivent cesser et les agences humanitaires doivent avoir accès à la population”.

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