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Egypte : le procès de membres d’ONG ajourné au 10 avril

Egypte: le procès de membres d’ONG ajourné au 10 avril
Dernière mise à jour le 08/03/2012 à 13:58

Le procès devant un tribunal du Caire de membres d’ONG accusées de financement illicite et d’activités illégales, qui avait provoqué de vives tensions avec les Etats-Unis avant le départ d’Egypte de 13 accusés étrangers, a été ajourné jeudi au 10 avril.

Quinze accusés –14 Egyptiens et un Américain ayant refusé de quitter le territoire égyptien comme le reste de ses compatriotes visés par l’affaire– se trouvaient dans le box.

A l’issue de moins d’une heure d’une audience chaotique, perturbée par les avocats de la partie civile, le juge a reporté le procès au 10 avril pour permettre l’examen du dossier par la défense.

La justice égyptienne accuse 43 personnes, 16 Egyptiens et 27 ressortissants étrangers (dont plusieurs Américains), d’avoir reçu des financements étrangers illégaux et de s’être ingérés dans les affaires politiques du pays.

Après des mois de pressions américaines, 13 accusés étrangers, dont six Américains, ont pu quitter l’Egypte le 1er mars, une fois levée leur interdiction de sortie du territoire et leur caution payée, provoquant un tollé en Egypte. D’autres accusés étrangers se trouvaient déjà hors du pays.

Les juges chargés de l’affaire avaient décidé de se retirer du procès, arguant d’une ingérence des autorités, et de nouveaux magistrats avaient été désignés.

Jeudi, le juge a dû suspendre l’audience dix minutes après le début du procès en raison des bruyantes interventions d’avocats s’étant constitués partie civile, qui ont tenu à faire part devant les caméras présentes en nombre de leur « indignation » après le départ des étrangers.

« Où est la dignité de l’Egypte? A bas l’Amérique! », a crié l’un d’entre eux.

« Cette affaire est une affaire d’espionnage et un complot contre le peuple! », a lancé un autre, estimant que « le coeur de l’Egypte saigne » après cette « offense ».

Un dernier est même allé jusqu’à demander l’exécution de « ceux qui ont touché à l’intégrité du territoire » égyptien, provoquant la colère des proches des accusés présents dans la salle.

« Il s’agit évidemment d’une affaire politisée. A-t-on jamais vu en Egypte des juges d’instruction faire une conférence de presse? », s’est interrogé Hafez Abou Saada, l’avocat de certains accusés.

« Je suis très optimiste. Nous n’avons pas peur et nous sommes convaincus de notre innocence. Si les avocats de la partie civile ont des preuves, qu’ils les montrent », a dit à l’AFP Nancy Okail, l’une des accusées, qui dirige le bureau de l’ONG américaine Freedom House en Egypte.

Les Etats-Unis avaient indiqué la semaine dernière oeuvrer à l’abandon des poursuites lancées contre les membres de ces ONG de promotion de la société civile. Human Rights Watch a appelé à l’abandon des charges pour « mettre fin à cette saga politique ».

Outre Freedom House, figurent parmi ces ONG les organisations américaines National Democratic Institute (NDI) et la section Egypte de l’International Republican Institute (IRI), ainsi que la fondation allemande Konrad Adenauer.

La législation égyptienne très restrictive pour les activités des ONG est héritée de l’époque d’Hosni Moubarak, l’ancien président égyptien hostile à toute tentative de promouvoir depuis l’extérieur la démocratie et la bonne gouvernance dans son pays.

Certains parlementaires américains avaient averti que ce procès risquait d’avoir des conséquences irrémédiables sur les relations entre l’Egypte et les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds des autorités égyptiennes, avec une aide militaire annuelle d’1,3 milliard de dollars.

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