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Pour l’interdiction totale du commerce de l’ivoire

Pour l’interdiction totale du commerce de l’ivoire
Dernière mise à jour le 08/03/2012 à 13:13

Le Kenya et les pays de l’Afrique Orientale et Australe ont été ces derniers temps témoins d’une augmentation inquiétante du braconnage et du trafic illégal de l’ivoire, ce qui exige une réelle volonté de la communauté internationale de soutenir l’interdiction totale de ce commerce lors de la prochaine Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvages (CITES), soulignent jeudi les environnementalistes.

Rien qu’au Kenya, 47 éléphants ont été tués en 2007, 94 en 2008, 204 en 2009, 177 en 2010 et 278 l’année dernière, alors qu’au Cameroun, près de 450 éléphants ont été récemment abattus dans le parc national Bouba Ndjida, incitant le Secrétaire général de la CITES, John E. Scanlon, à intervenir pour appeler à de véritables enquêtes pour traduire les auteurs de ces actes criminels devant la justice.

Le commerce illégal des défenses d’éléphants est alimenté par une forte demande en Asie où l’ivoire est utilisé comme décoration ou pour des remèdes médicinaux traditionnels.

Membre actif de la Convention et de l’Accord de Lusaka, le Kenya soutient pleinement le Plan d’action éléphant d’Afrique, partant de sa pleine conviction qu’il se doit d’être le gardien d’un patrimoine mondial riche et varié. Signé en 1992 dans la capitale zambienne, l’Accord de Lusaka regroupe les Républiques du Congo-Brazzaville, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Lesotho et Kenya, tandis que l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et le Royaume du Swaziland sont signataires.

Le Kenya avait procédé, à plusieurs reprises, à l’incinération de plusieurs tonnes d’ivoire de contrebande, dans des gestes témoignant que la lutte contre le braconnage des éléphants et le trafic d’ivoire est irréversible et que le pays ne peut plus permettre aux réseaux criminels de détruire un patrimoine commun non seulement pour les Kenyans, mais aussi pour toute l’humanité.

Les environnementalistes ne cessent d’ailleurs de souligner avec force le rôle significatif des ressources de la faune en Afrique dans le développement socio-économique du Continent et de l’impératif pour les gouvernements d’intensifier les mesures visant à protéger et développer le riche patrimoine faunique pour le bénéfice des générations présentes et futures.

« La nature transfrontalière de la criminalité contre la vie sauvage exige le renforcement de la coopération entre nos gouvernements et la mutualisation des moyens financiers et humains pour protéger nos ressources fauniques », avait déclaré le président kenyan, Mwai Kibaki lors d’une opération d’incinération d’ivoire de contrebande.

Lutte acharnée contre la criminalité faunique

Dans cette optique, la Convention des Nations Unies sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvages s’est engagée avec Interpol, l’Organisation mondiale des douanes, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et la Banque mondiale d’échanger des renseignements pour localiser et confisquer l’ivoire braconné, prévenir de futurs incidents et traduire les coupables en justice. Des outils innovants tels que la médecine légale de la faune et le profilage de l’ADN sont également utilisés comme des outils complémentaires pour soutenir ces efforts.

Notons à ce sujet qu’Interpol et l’organisme onusien en charge de la prévention du crime et la justice pénale ont, récemment, adopté des décisions fortes assimilant le commerce illicite d’espèces sauvages à un crime organisé.

Soulignons également que le Programme de surveillance de l’abattage illégal des éléphants en Afrique rendra compte, en juillet de cette année, des dernières tendances à ce sujet lors de la 62ème réunion du Comité permanent de la CITES et soumettra une analyse complète des données de braconnage à la 16ème Session de la Conférence des Parties à CITES, qui se tiendra à Bangkok en mars 2013.

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