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L’Ethiopie a attaqué une base érythréenne, inquiétudes de Washington et Paris

L’Ethiopie a attaqué une base érythréenne, inquiétudes de Washington et Paris
Dernière mise à jour le 15/03/2012 à 20:23

Le gouvernement éthiopien a affirmé avoir attaqué jeudi une base militaire en territoire érythréen, où étaient entraînés, selon lui, des « terroristes spécialistes de l’attaque-éclair », provoquant l’inquiétude des Etats-Unis et de la France qui ont appelé à la retenue.

Ce raid a été mené notamment en réponse à l’attaque menée le 18 janvier et attribuée par Addis Abeba à Asmara, contre des touristes dans le nord de l’Ethiopie, au cours de laquelle cinq Européens avaient été tués et deux Allemands enlevés, a indiqué à la presse le porte-parole du gouvernement éthiopien Shimeles Kemal.

Aucune réaction des autorités érythréennes n’a pu être obtenue dans l’immédiat.

Les Etats-Unis ont très vite appelé « les deux parties à faire preuve de retenue et à éviter toute autre action militaire », selon la porte-parole du département d’Etat américain Victoria Nuland. « Nous cherchons à obtenir des clarifications de la part (du gouvernement éthiopien) quant à ses intentions », a-t-elle ajouté,

« La France exprime sa vive préoccupation. Elle invite les deux Etats à éviter toute escalade sur le plan militaire et, plus généralement, tout ce qui est de nature à accroître les tensions », a de son côté déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

« La France est convaincue que le règlement du différend qui oppose les deux pays ne pourra passer que par le dialogue et la négociation », a ajouté M. Valero.

Washington et Paris disposent d’une importante base militaire à Djibouti, petit pays voisin de l’Ethiopie et de l’Erythrée.

« Tôt ce (jeudi) matin, les forces de défenses éthiopiennes ont attaqué une position militaire à l’intérieur de l’Erythrée », a déclaré le porte-parole du gouvernement éthiopien, précisant que cette base se trouvait à 16 km de sa frontière nord-est avec l’Erythrée.

Il a indiqué ne pas être en mesure de donner un bilan des combats dans les rangs éthiopiens ou érythréens.

« La récente attaque contre des touristes européens est l’une des raisons de ces représailles », a ajouté M. Shimeles.

Guerre entre 1998 et 2000

Le 18 janvier, un groupe de 22 touristes avait été attaqué en pays afar, une région désertique du nord de l’Ethiopie: deux Allemands, deux Autrichiens et un Hongrois avaient été tués et deux autres Allemands enlevés.

Un groupe rebelle local, le Front uni révolutionnaire démocratique afar (Arduf) avait revendiqué l’enlèvement et a ensuite annoncé début mars avoir libéré les deux Allemands.

Mais l’Ethiopie avait accusé l’Erythrée, sa voisine et grande rivale, d’être derrière cette attaque et avait indiqué « étudier comment y répondre », malgré les démentis catégoriques d’Asmara.

Les tensions ne sont toujours pas retombées depuis la guerre ayant opposé entre 1998 et 2000 l’Ethiopie et l’Erythrée, qui a acquis son indépendance de la première en 1993 après 30 ans de conflit.

Et le différend frontalier à l’origine de la guerre n’est toujours pas formellement réglé.

M. Shimeles a minimisé jeudi la possibilité d’un nouveau conflit avec l’Erythrée et a insisté sur la détermination d’Addis Abeba à mener des discussions pacifiques. Il a néanmoins averti que l’Ethiopie pourrait lancer d’autres attaques si l’Erythrée menaçait sa sécurité.

« Tant que l’Erythrée reste une zone de lancement d’attaques contre l’Ethiopie, des mesures similaires continueront d’être prises », a-t-il souligné, mettant en garde contre une éventuelle riposte des forces érythréennes, dont « les résultats seraient désastreux ».

Malgré les tensions, les affrontements ouverts entre les armées des deux pays sont rares. En janvier 2010, l’Erythrée avait accusé les forces éthiopiennes d’avoir lancé une attaque le long de leur frontière commune, ce qu’Addis avait démenti.

Les deux pays s’accusent mutuellement de chercher à déstabiliser l’autre en soutenant des mouvements rebelles.

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