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Loi de finances 2012 : Les réactions divergent entre majorité et opposition

Loi de finances 2012: Les réactions divergent entre majorité et opposition
Dernière mise à jour le 16/03/2012 à 11:23

Les groupes parlementaires de la majorité et de l’opposition ont apporté chacun sa lecture du projet de Loi de finances 2012, présenté par le gouvernement jeudi devant les Chambres des représentants et des conseillers.

Alors que les groupes de la majorité considèrent que le gouvernement a consenti un effort exceptionnel pour élaborer un projet de loi en conformité avec les dispositions du programme gouvernemental et des attentes des citoyens, ceux de l’opposition estiment que ce projet n’apporte aucune nouveauté en comparaison avec son prédécesseur.

Dans des déclarations à la MAP à l’issue de la présentation des grandes lignes du projet par le ministre de l’Economie et des finances, Nizar Baraka et le ministre délégué au budget, Idriss Azami Al-Idrissi, nombre de parlementaires de la majorité ont souligné que le gouvernement a respecté ses engagements contenus dans le programme gouvernemental, sur les volets économique et social en particulier.

Des parlementaires de l’opposition ont, en revanche, estimé que ce projet ne reflète « aucune vision politique et économique claire » et ne comporte pas de démarches concrètes reflétant la volonté du gouvernement à surmonter les difficultés conjoncturelles.

Pour le président du groupe parlementaire du Parti Justice et Développement (PJD) à la Chambre des représentants, Abdelaziz El Ammari (majorité), ce projet, le premier du nouveau gouvernement, a pris en considération la conjoncture économique internationale difficile, ajoutant que le gouvernement a tenu à présenter, en dépit de ces circonstances, un projet « ambitieux » en hissant le volume des investissements.

Ce projet comprend plusieurs dispositions susceptibles de contribuer à la consolidation du pouvoir d’achat des citoyens, en plus d’autres non moins « positives et fondamentales » portant sur les engagements du gouvernement en termes de dialogue social, de soutien au fonds de l’emploi des jeunes et de la création de plus de 26.000 emplois et d’un fonds pour la cohésion sociale au profit des couches démunies, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président du groupe istiqlalien pour l’Unité et l’égalitarisme à la Chambre des conseillers, Mohamed Ansari (majorité), a indiqué que ce projet se distingue par son caractère « positif » en dépit d’une conjoncture économique difficile au niveau international, conséquente à la crise financière mondiale, mais aussi au niveau national à cause du manque de pluies, soulignant que les chiffres présentés reflètent les efforts consentis par le gouvernement afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et donner plus d’importance au monde rural et aux catégories à besoins spécifiques.

Le gouvernement a également déployé des efforts considérables dans le domaine de l’investissement, auquel il a alloué des fonds supplémentaires en comparaison avec l’exercice précédent, a-t-il ajouté, soulignant que « des modifications seront certainement apportées à ce projet lors de sa prochaine discussion ».

De son côté, le président du groupe haraki à la Chambre des représentants (majorité), Mohamed Moubdii a qualifié ce projet d’ »audacieux », malgré la crise financière mondiale et les effets du retard des pluies, émettant l’espoir de voir toutes les conditions réunies pour une application optimale de ce projet, tout en insistant sur la nécessité pour le gouvernement de faire preuve de rigueur, de transparence et de faire prévaloir le principe d’égalité des chances.

Selon le secrétaire général de l’Union nationale du Travail au Maroc (UNTM), Mohamed Yatime, parmi les importants éléments apportés par ce projet, dans son volet social, figure en particulier l’engagement du gouvernement à appliquer l’accord du 26 avril 2011.

« Il s’agit d’un geste important qui reflète l’attachement du gouvernement à continuer à honorer ses engagements », a assuré le SG de l’UNTM.

Il a rappelé les mesures sociales prévues par le projet de loi de finances, citant à cet égard l’appui au fonds de la jeunesse, la revalorisation des bourses des étudiants et la révision de la Caisse de compensation dont certaines de ses rubriques seront allouées à l’appui au programme « RAMED » et à la promotion de la scolarisation.

M. Yatime a aussi indiqué que la réunion tenue par le chef de gouvernement avec les centrales syndicales dans le cadre du dialogue social, témoigne de l’engagement du gouvernement à poursuivre le dialogue avec les syndicats.

« Le dialogue social ne comporte pas seulement des revendications à caractère matériel mais aussi d’ordre syndical, ayant trait notamment à la régulation du droit syndical, au droit à la grève, à la couverture des mutuelles et aux services des oeuvres sociales », a souligné le SG de l’UNTM.

Quant au président du groupe Authenticité et Modernité à la Chambre des Représentants, Abdelatif Ouahbi (Opposition), il a qualifié le projet de loi de finances 2012 d’outil pour « gérer une crise ». Le gouvernement n’a pas pu présenter « des propositions pour sortir de cette crise ».

Pour sa part, le président du groupe de l’Union Constitutionnelle à la Chambre des Conseillers, Idriss Radi (Opposition), s’est dit « déçu » de ce projet qui, selon lui, a enregistré un recul dans plusieurs secteurs clés, tels le tourisme, les exportations et l’agriculture.

Abondant dans le même sens, Rachid Talbi Alami du groupe du Rassemblement National des Indépendants à la Chambre des Représentants (Opposition) a souligné que ce projet de loi est similaire à son prédécesseur. Ce projet « ne décline aucune vision nouvelle et ne répond pas aux attentes des citoyens », a-t-il déploré.

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