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Marée humaine contre la hausse des droits de scolarité au Québec

Marée humaine contre la hausse des droits de scolarité au Québec
Dernière mise à jour le 22/03/2012 à 21:02

« Crions plus fort pour que personne ne nous ignore », scandait jeudi une marée d’étudiants québécois opposés à la forte hausse des droits de scolarité dans la province francophone, lors d’une des plus grandes manifestations du mouvement étudiant au Canada.

« On veut étudier, on ne veut pas s’endetter », « un peuple instruit jamais ne sera vaincu », chantaient des dizaines de milliers d’étudiants déambulant dans le centre-ville de la métropole québécoise magnifiée par des températures estivales.

Boycott des cours, manifestations dans les rues, blocage de ponts, performances artistiques originales: le Québec vibre depuis la mi-février au rythme d’un mouvement en crescendo avec plus de 300.000 étudiants des collèges et des universités en grève jeudi.

« Le mouvement a pris de l’ampleur. Cela montre bien que la hausse est trop brusque et que c’est la classe moyenne qui va payer », remarque Marc-André Lévesque, 21 ans, étudiant en littérature à l’université de Montréal.

Les droits de scolarité dans la province francophone de huit millions d’habitants sont beaucoup moins élevés qu’aux Etats-Unis et ailleurs au Canada, mais plus onéreux que dans nombre de pays européens, selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les droits de scolarité avoisinent 2.200 dollars (autant en USD), plus des « frais afférents » imposés par les universités, par année au Québec, facture la moins chère parmi les provinces canadiennes, où l’Ontario trône en tête (6.640 dollars).

Le gouvernement du Premier ministre Jean Charest compte imposer dès cet automne une augmentation de 325 dollars par an pendant cinq années consécutives, ce qui fera grimper la note annuelle de 1.625 dollars à l’horizon 2017 pour ainsi se rapprocher de la moyenne nord-américaine.

« Nous sommes des centaines de milliers d’étudiants pour dire au gouvernement que nous voulons nous asseoir et négocier un accord, mais il s’y refuse », note Fouzi, étudiant en architecture à l’université McGill.

Le débat d’apparence comptable s’est métamorphosé en une intense querelle philosophique entre défenseurs de l’éducation supérieure comme un droit, un bien qui doit être gratuit, et utilitaristes pour qui l’université est un investissement personnel permettant aux étudiants de maximiser leurs chances d’obtenir un emploi bien rémunéré.

Deux lectures, deux symboles. Dans les rues de la province, les anti-hausse ont épinglé sur leurs vêtements un carré de tissu rouge – la hausse mettra les étudiants carrément dans le rouge – et les pro-hausse, moins nombreux à s’afficher publiquement, arborent un carré de tissu vert – il faut aller de l’avant avec l’augmentation.

Les manifestants brandissaient le drapeau bleu et blanc du Québec orné d’un carré rouge et certains d’entre eux évoquaient même un « printemps érable », une référence au mouvement de contestation dans le monde arabe et au sirop d’érable, un des emblèmes du Québec. La police n’avait noté « aucun méfait » en fin de journée, mais demeurait « aux aguets ».

Ce mouvement de grève intervient alors que des rumeurs d’élections anticipées pointent à l’horizon dans la province francophone qui flirte depuis un demi-siècle avec l’idée de son indépendance par rapport au reste du Canada.

Le Premier ministre libéral Jean Charest – fédéraliste, au pouvoir depuis 2003 – est actuellement en deuxième place dans les intentions de vote, derrière Pauline Marois, chef du Parti québécois (indépendantiste), qui a promis d’annuler cette hausse sans pour autant geler les droits de scolarité. Mme Marois a d’ailleurs marché avec les étudiants.

Toute hausse des droits de scolarité pourrait aussi avoir des répercussions outre-Atlantique. En vertu d’un accord bilatéral France-Québec, les plus de 10.000 étudiants français inscrits dans une université québécoise paient la même somme que leurs « cousins » québécois.

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