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Ahmed Boukouss (IRCAM) : « Je suis optimiste quant à l’avenir de la chanson amazighe »

Ahmed Boukouss (IRCAM): « Je suis optimiste quant à l’avenir de la 
chanson amazighe »
Dernière mise à jour le 03/04/2012 à 9:44

Ahmed Boukouss, recteur de l’institut Royal de la culture amazighe (IRCAM) s’est déclaré « optimiste quant à l’avenir de la chanson amazighe, qui fait partie intégrante du patrimoine » artistique et culturel marocain, grâce à la nouvelle constitution adoptée par referendum le 1er juillet 2011.

Dans un entretien accordé mardi à la MAP, M. Boukouss a expliqué que « la chanson amazighe fait partie intégrante du patrimoine musical marocain. Il s’agit d’une composante historiquement importante qui entretient des relations d’échange avec les autres expressions artistiques », citant à titre d’exemple l’art de « l’Aïta des plaines atlantiques (Doukkala, Chaouia etc..), un genre qui est développé par un certain nombre de troupes telles Oulad Ben Aguida, Bouazzaouii, Hamounia », autant « de chanteurs d’expression arabe dialectale qui utilisent un style, une instrumentation, un contenu ayant un air de parenté avec la chanson du Moyen-Atlas » interprétée par « des chanteurs qui appartiennent à l’aire du Maroc central tels Hadaou Aki, Benaser ou khouya, feu Mohamed Rouicha qui ont, aussi, des performances en arabe dialectale ».

Par conséquent, « il y a eu des interpénétrations entre leurs styles, leurs chansons, les instruments qu’ils utilisent, notamment louthar, guembri, kamanja (violon) », a-t-il relevé. Aussi, la chanson amazighe fait-elle partie intégrante du patrimoine musical, culturel marocain », a affirmé le recteur de l’IRCAM qui a fait observer que le célèbre groupe mythique « Nass El Ghiwan a beaucoup influencé un groupe de chanteurs d’Agadir ».

Se déclarant « optimiste quant à l’avenir de la chanson amazighe », le recteur de l’IRCAM s’est félicité de l’évolution politique que le Maroc est en train de connaître, depuis une dizaine d’années, notamment grâce à la nouvelle constitution.

Abordant « la chanson traditionnelle dans le Souss, le chant Imazighen dans le Maroc central », M. Boukouss a précisé qu »’il existe un très grands nombre de chanteurs, de Raïs etc.. » qui ont eu un impact important sur « la chanson amazighe et la chanson marocaine d’une manière générale », soulignant que de célèbres chanteurs marocains tels « Abdelwahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Fathallah Lamghari se sont inspirés dans une certaine mesure de la chanson amazighe et que l’inverse est tout à fait vrai ».

Mettant l’accent sur « la diversité de la chanson amazighe », le recteur de l’IRCAM, a affirmé que celle-ci se caractérise par « une très grande variété au niveau du style, de l’instrumentation, de l’orchestration », citant à titre d’exemple « les chansons des chanteurs dans le sud marocain qui sont inspirés essentiellement du répertoire du Raiss Haj Belaid (décédé à la fin de la seconde guerre mondiale), une figure marquante de la chanson amazighe qui a été le premier à avoir sillonné tout l’espace géoculturel du Souss, l’un des premiers à avoir enregistré en France ses 45 tours et ses 33 tours: un répertoire extrêmement séduisant, le Raïs traitant de la thématique religieuse avec les valeurs de la religion musulmane (…), a-t-il dit.

Dans le Rif où « la chanson traditionnelle est pratiquement éteinte, il y a une éclosion d’un certain nombre de troupes de jeunes qui utilisent des instrument modernes tels la guitare sèche, la guitare électrique, le banjo, le synthétiseur, le piano, l’orgue, développant une chanson extrêmement intéressante qui s’apparente à la chanson moderne kabyle en Algérie », a souligné M. Boukouss.

Notant que depuis sa création, l’IRCAM a « déployé des efforts dans le sens du support, de l’aide, du partenariat avec des associations, des chanteurs, des amateurs, des semi-professionnels », il s’est félicité que ces efforts aient « permis à la chanson amazighe de se maintenir ».

Non seulement la chanson amazighe doit se maintenir, être préservée, mais, il faut, en outre, assurer  »les conditions nécessaires à son développement, à sa promotion », en garantissant « la reconnaissance des artistes, une contribution à leur formation, à leur soutien financier, l’intégration de la chanson amazighe dans les prix qui sont organisés soit par le ministère de la culture, par les différentes associations ou autres organisations » dans le but de  »promouvoir la chanson amazighe », a-t-il insisté.

Selon le recteur de l’IRCAM,  »la chanson amazighe en tant que patrimoine national mérite d’être soutenue par les pouvoirs publics, notamment par le ministère de la culture. Il faudrait, de plus, songer à reconnaître leurs droits aux chanteurs et assurer la relève, ajoutant que les instances chargées de la promotion de la chanson marocaine doivent soutenir les jeunes marocains amazighophone qui voudraient être formés pour recevoir une formation académique dans le domaine de la musicologie dans les conservatoires de musique dépendant du ministère de la culture.

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