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Séisme : les écoles d’Aceh ont réussi l’examen avec mention

Séisme: les écoles d’Aceh ont réussi l’examen avec mention
Dernière mise à jour le 13/04/2012 à 12:46

Les élèves des écoles d’Aceh connaissaient les consignes par coeur, à force d’exercices: ne pas paniquer et fuir dans les collines. Mercredi, le fort séisme qui a secoué la province indonésienne a été pour eux un examen grandeur nature. Passé avec mention.

Quand la terre s’est mise à trembler, mercredi après-midi, enfants et enseignants de l’école de Jeumpa Puteh, dans la capitale provinciale Banda Aceh, ont tout de suite pensé à un de ces petits séismes qui secouent souvent la région. Encore un!

« Mais la secousse est devenue de plus en plus forte. Pendant cinq minutes, les arbres et les voitures ont bougé dans tous les sens. On savait que c’était du sérieux et qu’on devait sortir », se souvient Zikra Latasha, 15 ans.

Le proviseur de l’école s’est alors époumoné dans sa corne de buffle, lançant le signal de l’évacuation. Comme à la parade, les élèves ont ramassé leur cartable et se sont mis en files indiennes pour suivre les flèches bleues et rouges inscrites sur les murs de l’établissement, pointant vers un terrain découvert à environ un km.

Les enfants scandaient « Subhanallah » (Gloire à Allah), tout en marchant dans l’ordre. « Personne ne poussait. Personne ne se bousculait, comme nous avions appris à le faire lors des exercices », se félicite Rumiana, professeur de mathématiques qui, comme beaucoup d’Indonésiens, n’utilise qu’un seul nom.

Mais, à mesure que les sirènes retentissent, avertissant de l’imminence d’un tsunami, « le stress est devenu insupportable », ajoute-t-elle à l’AFP. « Les élèves pleuraient, ils appelaient leurs parents et s’accrochaient à ma robe. Quelques uns avaient du mal à respirer et l’un d’entre eux s’est évanoui ».

La panique a parfois également saisi les professeurs. L’une d’elle « s’est envolée comme le vent », se souvient Koni Armandani, 15 ans. « Elle courait comme si elle était aux JO. On ne pouvait pas l’arrêter alors on l’a tous suivie ».

L’école de Jeumpa Puteh est l’un des trente établissements à Aceh à suivre le programme de sensibilisation mis en place par le Centre pour la réduction des impacts des tsunamis (TDMRC), un organisme public fondé après le raz-de-marée monstrueux qui a englouti plus de 220.000 personnes le 26 décembre 2004 sur le littoral de l’océan Indien, dont 170.000 dans la seule province d’Aceh.

Seule une poignée d’élèves et de professeurs avaient survécu à ce cataclysme à l’école Blang Oi, également à Banda Aceh. Autant dire que l’établissement ne laisse rien au hasard quand il s’agit de se préparer au « Big One » que tout le monde redoute.

Et, pour solidement ancrer dans les jeunes têtes les règles de conduite, rien de tel qu’une petite chanson.

« En cas de séisme, couvre toi la tête/ Mets-toi sous une table/ Ne t’approche pas des fenêtres/ Cours vers un terrain découvert », chantaient les enfants lors d’un exercice organisé la semaine dernière, quelques jours avant le séisme de mercredi, a constaté une journaliste de l’AFP.

Parmi les élèves, figurait Jafar Aidi, 12 ans, tout fier du titre de « Petit Docteur » qu’on lui a conféré après avoir reçu à l’école une formation aux premiers soins. « Ma mère et mon frère aîné sont morts dans le tsunami (de 2004). Je veux être un bon médecin pour pouvoir sauver les autres », raconte-t-il.

Le séisme de mercredi, pourtant de magnitude 8,6, a fait plus de peur que de mal, même si cinq personnes sont mortes. L’alerte au tsunami a été vite levée en l’absence de vagues significatives.

« Les écoles ont réussi leur examen avec mention. Des milliers de professeurs et d’élèves ont suivi comme il se doit les procédures d’évacuation », se réjouit le coordinateur du programme TDMRC, Faisal Ilyas.

Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. « Il faut garder à l’esprit que ce ne sera pas le dernier tremblement de terre ».

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