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Mise en évidence de gènes qui ont impact sur le vieillissement du cerveau

Mise en évidence de gènes qui ont impact sur le vieillissement du cerveau
Dernière mise à jour le 15/04/2012 à 20:04

Des gènes qui ont un impact sur le vieillissement du cerveau et de la mémoire ont été mis en évidence pour la première fois par des équipes internationales dans des travaux relatifs à la maladie d’Alzheimer.

La revue Nature Genetics publie dimanche deux grandes études internationales (Charge et Enigma) qui ont permis d’identifier des modifications génétiques héréditaires associées à une accélération du vieillissement cérébral, et en particulier de l’hippocampe, une structure profondément enfouie dans le cerveau, qui joue un rôle primordial pour la mémoire.

Selon les calculs des scientifiques, ces mutations très répandues aboutiraient à provoquer un vieillissement prématuré de quatre années en moyenne.

L’hippocampe rétrécit avec l’âge, mais si ce phénomène s’accélère, cela peut rendre plus vulnérable à la maladie d’Alzheimer, suggère le neurologue américain Charles DeCarli (Université de Californie), co-auteur de travaux paraissant dans la revue.

L’atrophie, une réduction importante de la taille de l’hippocampe, est une marque de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.

L’étude internationale Charge, pilotée en France par Christophe Tzourio (neuroépidémiologie, Inserm, Bordeaux) montre que certaines de ces mutations touchent quatre gènes susceptibles d’accélérer le rétrécissement de cette région du cerveau si importante pour la mémoire.

Il s’agit de gènes impliqués entre autres dans la mort des cellules (gène HKR) et le développement de l’embryon (WIF1) ou encore le diabète (DPP) et la migration neuronale (ASTN2).

L’étude comprend l’analyse des génomes et des IRM cérébrales (dont 2.000 réalisées en France) de 9.232 participants âgés de 56 à 84 ans (avec ou sans démence) appartenant à de grandes cohortes européennes et américaines.

Les chercheurs ont repéré 18 mutations, situées sur le chromosome 12 et « associées de manière significative à une réduction du volume de l’hippocampe ». Deux autres mutations, sur les chromosomes 2 et 9, associées à la diminution de volume de cet organe ont également été relevées.

« La plus forte association dite « rs7294919″, située sur le chromosome 12, est confirmée par les deux consortiums Enigma et Change, et porte sur un petit changement d’une lettre du code génétique (un T qui remplace un C) », souligne Christophe Tzourio.

Sur le plan cérébral, chaque copie de la mutation ferait vieillir de 4 ans, et lorsqu’on a hérité de deux copies, ce phénomène de vieillissement prématuré, avec réduction de l’hippocampe, serait d’au moins huit ans, ajoute le chercheur français.

« Comprendre comment ces gènes affectent le développement et le vieillissement de l’hippocampe pourrait nous fournir de nouveaux outils pour retarder les pertes de mémoire liées au vieillissement et peut-être réduire l’impact de maladies comme la maladie d »Alzheimer », souligne le Dr DeCarli.

L’Américain Paul Thompson (UCLA) co-auteur de l’étude Enigma (incluant 21.151 sujets sains) souligne, pour sa part, un aspect incident de ce travail. Il pointe ainsi une relation entre une variation génétique, également d’une lettre, sur le gène HMGA2 observé chez des personnes présentant un cerveau de bonne taille et de meilleures performances aux tests de QI, sur la base d’une étude auprès de 1.642 jumeaux adolescents australiens.

« L’effet est petit », selon lui, mais serait « visible » en faisait un test de QI.

Il faudrait faire d’autres tests de performance intellectuelle et d’abord confirmer cette corrélation avec le gène HMGA2, avant de parler de gène de l’intelligence, met en garde Christophe Tzourio.

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