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L’Américain Jim Yong Kim nommé président de la Banque mondiale

L’Américain Jim Yong Kim nommé président de la Banque mondiale
Dernière mise à jour le 16/04/2012 à 21:22

La Banque mondiale a nommé Jim Yong Kim comme président, perpétuant la tradition qui place un ressortissant américain à ce poste.

Les Etats membres ont choisi sans surprise ce médecin et anthropologue de 52 ans, président de l’université de Dartmouth dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis), lors d’une réunion du conseil d’administration.

Pour la première fois, le candidat des Etats-Unis avait de la concurrence, en l’occurrence la ministre des Finances nigériane Ngozi Okonjo-IwealaNgozi Okonjo-Iweala. Mais M. Kim partait largement favori vu les soutiens qu’il avait glanés ces dernières semaines, et qui lui assuraient une avance confortable.

La Banque mondiale n’a pas véritablement précisé comment s’était fait ce choix.

« Les administrateurs ont choisi Jim Yong Kim comme président pour un mandat de cinq ans commençant le 1er juillet », a indiqué l’institution dans un communiqué. « Les candidats finaux ont reçu un soutien de différents pays membres, ce qui est une indication du calibre de ces candidats ».

Aucune référence n’a été faite au « consensus » qu’étaient censés trouver ces pays membres. Et il n’était pas possible de savoir comment s’étaient prononcés les Etats membres qui n’avaient pas encore rendu publique leur préférence, comme la Chine, le Brésil ou les pays européens.

« Je suis reconnaissant envers les pays membres de la Banque pour le large soutien que j’ai reçu », a affirmé M. Kim dans un communiqué, disant vouloir travailler pour que l’institution « réponde efficacement aux besoins de ses divers clients et donateurs ».

C’est grâce à un arrangement tacite avec les Européens que le poste est monopolisé depuis 1946 par des Américains. En échange, les Européens ont monopolisé de la même manière la direction de l’institution-soeur, le Fonds monétaire international.

Mme Okonjo-Iweala, très appréciée des fonctionnaires de l’institution, où elle a passé 25 ans de sa carrière, a tenté en vain de remettre en cause la tradition.

« Vous savez, ce choix n’est pas vraiment basé sur le mérite », a-t-elle déclaré à Abuja. « C’est un vote en fonction de poids politique » et « pour cette raison, les Etats-Unis vont l’emporter ».

Malgré ses qualifications, c’est probablement son passeport qui lui a interdit d’aller plus haut que le poste de directrice générale qu’elle a occupé de 2007 à 2011.

Les Etats membres de la Banque mondiale s’étaient engagés en 2011 à choisir le président selon une procédure « ouverte, transparente et fondée sur le mérite ».

Les Etats-Unis ont estimé que le contrat avait été rempli, appelant « d’autres institutions financières internationales » à s’inspirer de cette procédure.

« Je suis convaincu que la Banque mondiale bénéficiera de la perspective nouvelle et des solides qualités de direction de M. Kim », a affirmé dans un communiqué le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner.

M. Kim était lundi à Lima, ville où il a passé une partie de sa carrière dans les années 1990 à lutter contre la tuberculose.

Peu connu, y compris dans son propre pays, avant d’être sélectionné par le président Barack Obama, ce praticien de la santé publique devra surmonter le scepticisme d’une bonne partie de la corporation des économistes, qui lui reproche une certaine inexpérience financière et diplomatique.

Les organisations non gouvernementales ont pour leur part réservé leur jugement.

« Ce n’est pas évident de savoir s’il va être un puissant réformateur de la Banque, en particulier parce qu’il va devoir faire allégeance au gouvernement américain qui l’a placé à ce poste », a déclaré à l’AFP Peter Chowla, coordonnateur du Projet Bretton Woods, site internet critique du FMI et de la Banque mondiale rédigé par un ensemble d’ONG.

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