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Le gouvernement espagnol accusé de vouloir reprendre en main la TV publique

Le gouvernement espagnol accusé de vouloir reprendre en main la TV publique
Dernière mise à jour le 21/04/2012 à 18:32

Le gouvernement espagnol est accusé par l’opposition de gauche de vouloir reprendre en main la radio-télévision publique après sa décision de modifier les conditions de nomination du président de RTVE pour la sortir de la « paralysie ».

La radio-télévision publique espagnole avait un président tournant tous les mois depuis la démission pour « raisons personnelles » d’Alberto Oliart en juillet 2011, faute d’accord entre les députés socialistes et du Parti populaire (droite, au pouvoir), chargés d’élire le président à la majorité des deux tiers.

Du fait du blocage, la RTVE était « dans l’incapacité d’approuver ses comptes annuels ainsi que son avant-projet de budget » qui prévoit 203 millions de coupes budgétaires, a affirmé vendredi la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria.

Une situation de « paralysie » qui ne peut plus durer, a-t-elle ajouté, en présentant le décret-loi adopté en Conseil des ministres.

Le texte, entré en vigueur dès samedi après sa publication au bulletin officiel, modifie la loi de 2006 et prévoit qu’en cas de désaccord, la majorité absolue au Parlement suffira pour élire le président.

Or, le Parti populaire (PP) dispose de la majorité absolue après avoir balayé les socialistes aux élections de novembre, ce qui lui permet de proposer le prochain président de RTVE.

« C’est un coup institutionnel » du PP du chef du gouvernement Mariano Rajoy, a immédiatement réagi le parti socialiste. Son chef, Alfredo Perez Rubalcaba, a dénoncé sur son compte twitter « une autre coupe intolérable de Rajoy: cette fois dans la liberté d’expression ».

Les syndicats étaient eux aussi scandalisés, d’autant que, selon le texte, leurs deux représentants disparaissent de la composition du Conseil d’administration, réduit de 12 à 9 membres.

« C’est un retour en arrière complet pour pouvoir contrôler totalement la radio-télévision espagnole. Cela va être un instrument de propagande », a affirmé à l’AFP le secrétaire général du syndicat UGT de la RTVE, Jesus Trancho.

« La loi actuelle permettait de préserver l’indépendance de RTVE, ce qui maintenant ne va plus être possible », a-t-il dénoncé.

Très déçu, le conseil de l’information de la télévision a également regretté, dans un communiqué, une réforme « qui pourrait porter atteinte à son indépendance et, en conséquence, à celle de ses services d’information », et faire « revenir à un modèle d’une RTVE gouvernementale ».

Même déception de la Fédération des associations de journalistes d’Espagne (FAPE) qui y voit « un retour en arrière en termes de critères d’indépendance qui doit être la règle par excellence des services d’information publics ». Elle appelle les deux principaux partis à se mettre d’accord sur la présidence du groupe.

La polémique fait rage également sur les réseaux sociaux où elle figurait parmi les sujets les plus commentés de Twitter en Espagne, et dans la presse, celle de droite saluant plutôt la fin du blocage et celle de gauche criant à la reprise en main.

« Le PP rompt le consensus sur RTVE pour imposer le président », titrait El Pais (centre-gauche), alors que la radio Cadena Ser voyait « un retour au contrôle de RTVE et au choix des responsables » par le pouvoir en place, comme c’était le cas avant la loi de 2006.

« Le gouvernement débloque » la situation de RTVE, titrait pour sa part le journal El Mundo (centre-droit), affirmant que les socialistes avaient refusé tout accord avec le PP pour « maintenir le statu quo » et éviter la rénovation du conseil d’administration du groupe.

Le PP a critiqué à plusieurs reprises une télévision publique « partiale », faisant la part belle à la gauche.

RTVE compte cinq chaînes de télévision, cinq stations de radio et 6.400 employés pour un budget qui s’est élevé à 1,2 milliard d’euros en 2011.

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