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« Les chevaux de Dieu » de Nabil Ayouch représente le Maroc au festival de Cannes

« Les chevaux de Dieu » de Nabil Ayouch représente le Maroc au festival de Cannes
Dernière mise à jour le 21/04/2012 à 11:55

« Les chevaux de Dieu », nouveau film du réalisateur marocain Nabil Ayouch, sera en compétition dans la section « Un certain regard » de la 65e édition du Festival international du cinéma de Cannes, prévue du 16 au 27 mai, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Ce long métrage qui traite des attentats de Casablanca (mai 2003), est en lice avec seize autres films sélectionnés dans le cadre de cette section de la sélection officielle du festival de Cannes qui tend à mettre en perspective un cinéma plus « atypique » que le volet principal de la compétition, en récompensant des œuvres innovantes et créatives.

Cette adaptation au grand écran du roman « Les Etoiles de Sidi Moumen » de l’écrivain Mahi Binebine, axé sur le phénomène du terrorisme, avait déjà été présentée à Cannes en 2010, alors en quête de financement dans le cadre de « L’Atelier » de ce rendez-vous du 7è art.

Cette fiction relate l’histoire des auteurs des attentats de Casablanca, tous issus du même bidonville, Sidi Moumen, où ils menaient une vie chaotique (drogue, violence, chômage, désespoir) jusqu’à ce qu’ils soient recrutés par des islamistes radicaux pour commettre des actes terroristes.

Nabil Ayouch s’est dit fier de voir son film représenter le Maroc dans ce grand rendez-vous du cinéma mondial d’autant plus qu' »il s’agit d’une sélection en compétition officielle et non parallèle ».

« C’est un bonheur pour moi mais aussi pour les comédiens non professionnels qui ont travaillé sur le film, l’équipe technique, et surtout pour le Maroc et tous ceux qui aiment et croient au cinéma », a dit un Nabil Ayouch ému.

Son film, actuellement en cours de finalisation, a été présenté initialement sous le titre « Les Etoiles de Sidi Moumen », comme le roman dont il est inspiré, avant de changer d’intitulé, à la demande de son distributeur français Pierre-Ange Le Pogam (Stone Angels) qui estime que « Les chevaux de Dieu » renvoie facilement au phénomène d’enrôlement des jeunes par des extrémistes aux yeux d’un public international.

Mais ce n’est pas la seule raison, selon le cinéaste. « Les Etoiles de Sidi Moumen », dans le roman de Mahi Binebine, fait référence à une équipe de football, or celle-ci n’existe pas dans le film.

De même, ajoute-t-il, l’emploi du terme « étoiles » peut prêter à une confusion, comme s’il s’agissait de « glorifier » les actes de terrorisme, « alors qu’il n’est nullement question de les excuser mais de les condamner ».

Le film dont le tournage a eu lieu à Casablanca et Fès, a nécessité un budget estimé à 3 millions d’euros.

Nabil Ayouch a à son actif plusieurs oeuvres cinématographiques au rayonnement international reconnu, dont le dernier en date « My Land », un film documentaire sur le conflit israélo-palestinien très salué par la critique, actuellement en salles en France.

Cette sortie vient couronner un parcours formidable de cette oeuvre, projetée dans plusieurs festivals internationaux, et primée notamment au Festival national de Tanger 2011 du prix du montage et du prix de la meilleure musique.

Il compte également d’autres films largement primés à travers le monde dans divers festivals et vendus dans de nombreux pays. « Mektoub » et « Ali Zaoua » avaient représenté le Maroc aux Oscars en 1998 et 2001.

L’année dernière, le cinéma marocain a été représenté par deux films au festival de Cannes: « La source des femmes », du réalisateur roumain Radu Mihaileanu, présenté en compétition officielle, et « Sur la Planche » de la cinéaste marocaine Leila Kilani, projeté dans le cadre de la 43ème Quinzaine des réalisateurs, section parallèle de la compétition cannoise.

Cette participation intervient après la présence, en 2003, du film « Mille Mois » de Faouzi Bensaidi à la section « un certain regard » et du film « Les Yeux Secs » de Narjiss Nejjar à la section « la quinzaine des réalisateurs ».

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