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Edito : Réserves

Edito : Réserves: Eau et devises en baisse dangereuse
Dernière mise à jour le 24/04/2012 à 18:44

La direction des études et prévisions financières du ministère des Finances (DEPF) a livré sa note de conjoncture pour avril 2012. Ce rapport souligne souvent les performances de certains indicateurs et peut sembler assez positif dans son ensemble. Le ministre de l’Agriculture lui aussi n’a pas manqué de souligner les changements positifs opérés dans le secteur agricole afin qu’il ne soit plus dépendant des contingences climatiques.

A la fin du premier trimestre certains indicateurs restent satisfaisants comme le crédit à la consommation qui a augmenté de 12% par rapport à la même période de 2011, les transferts des marocains résidents à l’étranger en croissance de 8%, les exportations de biens et services de 6,4%, les recettes fiscales de +12%.  Même la chute des niveaux de nos barrages à seulement 70% de taux de remplissage contre 80% l’an dernier, ne semble pas si catastrophique. Notre taux d’endettement public reste encore à un niveau tolérable si on ne prend en considération que la dette souveraine du pays.

Malheureusement il ne serait pas honnête de notre part de ne pas montrer le revers de la médaille. Les importations ont augmenté de +14,3%, deux fois plus rapidement que nos exportations, nos dépenses de compensation explosent avec une augmentation de +39%, et la différence entre nos importations de biens et nos exportations est supérieure à nos exportations. Cerise sur le gâteau, de nombreux départements publiques sont incapables de réaliser les crédits d’investissements qui leur sont confiés. Les annonces de budgets d’investissements de 167 milliards en 2011 ou 188 milliards en 2012 ne sont jamais atteints, et de très loin. Si on arrive à investir 70% ce serait un miracle.

Le résultat des courses se lit dans le solde de nos réserves en devises. En bon épicier que vous êtes c’est comme ce qui vous reste dans votre caisse quand vous avez tout payé et tout encaissé. En réalité c’est la seule chose qui peut vous donner ce sentiment que vous vous portez bien ou pas. Ce solde malheureusement  n’est plus que de 161,3 milliards de dirhams et ne couvre plus que 4,9 mois d’importations. Ce qui est plus inquiétant c’est la vitesse à laquelle nos réserves se dégradent. En une année elles ont chuté de 16%.

Si dans l’avenir, vous ne voyez aucune décision prise pour arrêter la course infernale de la compensation, avec tout son côté obscur autour de la facture énergétique, alors vous comprendrez que même le PJD se sera incliné devant l’économie de rente réelle qui est installée dans ce pays, une rente beaucoup plus importante que les “grimats” et les carrières de sable. Un dollar de compensation du pétrole représente 500 millions de dirhams de surcoût de la facture énergétique.

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