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Le président sud-soudanais écourte sa visite en Chine en raison de l’escalade des combats

Le président sud-soudanais écourte sa visite en Chine en raison de l’escalade des combats
Dernière mise à jour le 25/04/2012 à 16:24

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir, actuellement à Pékin, va écourter sa visite en Chine alors que des combats opposent son pays au Soudan, a annoncé mercredi le président de l’Assemblée nationale populaire, Wu Bangguo.

« Il est regrettable que vous deviez écourter votre visite en Chine en raison de problèmes intérieurs », a déclaré M. Wu en recevant M. Kiir, peu après que le ministère chinois des Affaires étrangères eut indiqué que le chef de l’Etat sud-soudanais avait annulé une visite prévue à Shanghai.

« Le président Kiir a annulé son voyage à Shanghai », avait déclaré Liu Weimin, porte-parole de la diplomatie chinoise, sans préciser les raisons de cette annulation.

M. Liu a ajouté que l’émissaire spécial de Pékin pour les affaires africaines, Zhong Jianhua, allait se rendre au Soudan et au Soudan du Sud pour « oeuvrer en faveur des discussions de paix ».

Mardi à Pékin, où il était reçu par le président Hu Jintao, M. Kiir avait accusé le régime de Khartoum d’avoir « déclaré la guerre » à son pays.

Le chef d’Etat de la jeune nation — la partition du Soudan remonte à juillet 2011 — a aussi inauguré à Pékin la première ambassade du Soudan du Sud.

Pékin a d’importants investissements au Soudan et au Soudan du Sud, qui contraignent le pouvoir chinois à tenter de calmer le jeu entre les parties.

« Le pétrole est sur le plan économique la bouée de sauvetage commune du Soudan et du Soudan du Sud », a répété lundi et mardi M. Liu, alors que Khartoum et Juba fournissent à Pékin environ 5% de ses importations de pétrole.

Dans la nuit de lundi à mardi, les avions soudanais ont pris pour cible les localités sud-soudanaises de Panakwach et Lalop, dans l’Etat d’Unité, a affirmé mardi le gouverneur d’Unité, Taban Deng, à Bentiu, capitale de cet Etat frontalier.

Selon lui, les avions ont aussi visé le poste-frontière de Teshwin, une zone contestée, théâtre d’intenses combats entre les deux armées ces derniers jours.

Les bombardements ont continué jusqu’aux « première heures » mardi, a-t-il ajouté, précisant que les frappes les plus profondes avaient été recensées à environ 25 km de la ligne de front, à la frontière non démarquée entre les deux Soudans.

Khartoum dément systématiquement toute frappe aérienne en territoire sud-soudanais, dont certaines ont pourtant été confirmées par l’ONU et des journalistes.

Selon l’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice, ces derniers bombardements ont fait 16 morts et 34 blessés. Elle a dit se baser sur un bilan donné mardi par la Mission de l’ONU au Soudan (MINUS) au cours d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à ce pays.

Les bombardements ont aussi causé des « dégâts importants » aux infrastructures, notamment les installations pétrolières, a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis ont appelé le Soudan à « cesser immédiatement les bombardements aériens et les tirs d’artillerie au Soudan du Sud », la secrétaire d’Etat Hillary Clinton estimant que Khartoum aurait au contraire dû mettre à profit sa récente reconquête de la zone frontalière contestée de Heglig pour proposer à son voisin sud-soudanais une reprise des négociations.

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