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Les parlementaires du Conseil de l’Europe sonnent la charge contre la Fifa

Les parlementaires du Conseil de l’Europe sonnent la charge contre la Fifa
Dernière mise à jour le 25/04/2012 à 16:26

Les parlementaires du Conseil de l’Europe ont demandé mercredi à la Fifa d’ouvrir une enquête interne sur « divers scandales » qui l’ont touchée ces dernières années, et notamment sur les conditions de la réélection de Joseph Blatter et sur l’affaire ISL.

« Il y a eu des malversations, un certain nombre de choses inadmissibles de la part de la Fifa (Fédération internationale de football) », a martelé l’élu français François Rochebloine, rapporteur de ce texte adopté à la quasi-unanimité par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), réunie à Strasbourg.

Les députés de l’APCE reviennent ainsi sur l’affaire ISL, du nom de cette société de marketing qui avait obtenu l’exclusivité des droits télévisés pendant plusieurs Coupes du monde, avant sa liquidation en 2001. Selon une enquête de la chaîne britannique BBC diffusée en 2010, ISL aurait versé des pots-de-vin à certains membres de la Fifa.

M. Rochebloine, qui se base notamment sur des chiffres fournis par la justice suisse, évoque des dessous-de-table de 122,6 millions de francs suisses (102 millions d’euros au cours actuel) versés entre 1989 et 1998, et 37,4 millions de francs suisses (31,1 millions d’euros) de juin 1999 à janvier 2001.

« Dans cette affaire ISL, la Fifa est à la fois accusée, mais aussi victime, car de l’argent a été détourné », a souligné M. Rochebloine. « Sepp » Blatter, qui dirige la Fifa depuis 1998, y a exercé des fonctions dirigeantes depuis 1975. « Puisque la Fifa a eu connaissance des sommes considérables versées à certains de ses officiels, il n’est pas crédible que M. Blatter (ait pu) l’ignorer », a-t-il ajouté dans son rapport.

Enquête interne

En octobre dernier, M. Blatter s’est dit prêt à « transmettre » le dossier ISL à « une organisation externe » afin d’en tirer « les conséquences ». Jeudi, les parlementaires européens ont demandé à la Fifa de « publier l’intégralité des documents judiciaires ou autres » dont elle dispose sur cette affaire.

Interrogée par l’AFP mercredi, la Fifa a tenu à rappeler, entre autres, qu’elle « était favorable à l’ouverture des dossiers », rappelant que l’affaire avait commencé par une « plainte » de la Fifa contre des responsables d’ISL en 2001.

La Fifa insiste sur sa réforme de la gouvernance enclenchée depuis près d’un an, explique qu’elle écoutera les « diverses opinions qui s’exprimeront pendant ce processus » et assure qu’elle va « continuer à prendre toutes les décisions propres à (son) organisation en fonction de (ses) règles, règlements et statuts, et en pleine conformité avec le droit suisse ».

Les députés, issus des 47 Etats membres de l’organisation paneuropéenne, demandent aussi l’ouverture d’une enquête interne pour déterminer si M. Blatter et son opposant malheureux Mohamed Bin Hammam – qui s’est retiré de la course avant l’élection – ont « profité de leur position » pour « s’octroyer des avantages indus, ou en octroyer à des électeurs potentiels », au moment de leur affrontement en vue de diriger la Fifa.

En juin 2011, M. Blatter avait été réélu à la tête de l’instance dirigeante du football mondial à l’issue d’une campagne délétère: il avait été entendu dans un volet d’une affaire de fraude électorale présumée, puis blanchi par le comité d’éthique de la Fifa.

Quant à M. Bin Hamman, il s’était retiré de la course avant d’être radié à vie du monde du football pour achat de voix.

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