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Brésil : les écologistes demandent un veto contre une loi favorisant la déforestation

Brésil: les écologistes demandent un veto contre une loi favorisant la déforestation
Dernière mise à jour le 26/04/2012 à 18:37

Les défenseurs de l’environnement ont exhorté jeudi la présidente du Brésil Dilma Rousseff à mettre son veto à une loi controversée ouvrant la voie à une déforestation accrue en Amazonie, un texte embarrassant pour le pays à deux mois du sommet Rio+20 sur le développement durable.

Les députés ont adopté à une large majorité, mercredi dans la nuit, une loi réformant le code forestier de 1965, une victoire du puissant lobby agro-alimentaire après une bataille de plusieurs années avec les écologistes qui craignent la destruction de milliers de kilomètres carrés de forêt.

L’ancien texte obligeait les propriétaires terriens à conserver intact une partie des forêts, jusqu’à 80% en Amazonie, la plus grande forêt tropicale au monde considérée comme le poumon vert de la planète.

Cette nouvelle législation, déjà entérinée par le Sénat brésilien en décembre, amnistie les auteurs de coupes forestières illégales et autorise l’installation de fermes dans les zones défrichées avant juillet 2008.

Avant d’entrer en vigueur, le texte doit toutefois être approuvé par Mme Rousseff, dernier espoir pour les écologistes.

« La présidente analysera avec beaucoup de sérénité, sans animosité » la possibilité d’opposer son veto au texte, au moins à certains articles, a déclaré jeudi à la presse le ministre de la Présidence Gilberto Carvalho, un proche de Dilma Rousseff.

Celle-ci avait promis, lors de sa campagne présidentielle en 2010, de s’opposer à toute loi menaçant la lutte contre le déboisement qui, en Amazonie, a été réduit de 27.000 km2 en 2004 à un peu plus de 6.000 km2 en 2011. Avec 5 millions de km2, les forêts tropicales couvrent 60% du pays.

Selon une étude de l’université de Brasilia, la nouvelle loi pourrait augmenter de 47% la déforestation d’ici à 2020.

Le Brésil est l’un des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre en raison de la déforestation que le pays s’est engagé à réduire de 80% d’ici à 2020.

Pour le gouvernement, cette polémique est embarrassante alors que le pays sera l’hôte en juin à Rio d’un sommet devant réunir plus d’une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement qui chercheront à poser les jalons d’une économie plus verte, associant respect de l’environnement, développement et lutte contre la pauvreté.

« Dans une année qui verra des dirigeants mondiaux de la politique, des affaires et de la société civile se rassembler à Rio de Janeiro (…) cela serait une véritable honte pour le Brésil d’abandonner sa position de leader mondial dans la préservation des forêts. J’exhorte la présidente à résister vigoureusement », a dit le directeur général de l’organisation mondiale de défense de l’environnement WWF, Jim Leape.

« S’il n’y a pas un veto de la présidente, le Brésil perdra toute crédibilité », a dit à l’AFP, Paulo Moutinho, de l’Institut de recherches environnementales de l’Amazonie (IPAM).

L’ex-ministre de l’environnement Marina Silva, qui avait obtenu 20 millions de votes lors de la présidentielle de 2010, a appelé les Brésiliens à se joindre à la pétition « Mets ton veto, Dilma » qui circule sur internet.

En revanche, Doca Veronez, un dirigeant de la Confédération nationale de l’agriculture a fait valoir que la législation passée « était incompatible avec l’évolution de l’agro-alimentaire brésilien » alors que le géant sud-américain est devenu une puissance agricole fortement exportatrice au point d’être parfois qualifié de « ferme du monde ».

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