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Comment les Marocains vivent-ils le passage à l’heure d’été?

Comment les Marocains vivent-ils le passage à l’heure d’été?
Dernière mise à jour le 26/04/2012 à 10:52

Dimanche prochain à 02h00, les Marocains devront avancer leurs horloges d’une heure, et du coup le Royaume passera à GMT+1. Ce changement, approuvé en Conseil de gouvernement inquiète, dérange, ou indiffère.

Pour ses partisans, le passage à l’heure d’été aura certainement des retombées positives sur l’économie nationale et la rationalisation des dépenses en énergie, en particulier électrique à travers une exploitation optimale des rayons solaires et la réduction de la durée d’éclairage public et des ménages.

De même, il favorisera une réduction de l’écart avec les partenaires économiques régionaux et internationaux du Maroc.

“Le bilan de l’horaire d’été depuis 2008 est positif. Ce petit geste de réglage de montre ces dernières années, permet de minimiser le taux de la consommation d’une moyenne de 140 MW/j, c’est-à-dire le besoin de consommation, en heure de pointe, d’une ville de la taille de Meknès ou Tétouan.”

Ahmed Laamouri, directeur de la Modernisation de l’administration au ministère de la Modernisation des secteurs publics.

Pour lui, outre le gain énergétique qui est de taille vu que le Royaume importe de plus en plus ses besoins en énergie, “le passage à l’heure d’été favorise également une meilleure proximité avec nos partenaires économiques, notamment européens, permet de dégager un temps de loisirs pour les citoyens et d’adapter les heures d’activités avec celles d’ensoleillement”.

Du temps pour soi

Si le citoyen lambda ne se formalise pas de ces détails techniques, il est tout de même content de ne pas faire face à des coupures fréquentes d’électricité dans les heures de pointe, mais également de disposer de journées plus longues.

“Je ne vois pas pourquoi le sujet dérange autant. Le passage à l’heure d’été me permet de disposer de plus de temps pour me livrer à des activités auxquelles je ne peux pas me consacrer en temps normal.”

Salah, employé dans le secteur privé.

Pour lui, les troubles de sommeil invoqués par certains restent très relatifs. “Il suffit de dormir une heure plus tôt. Finalement le seul effet que ça pourrait avoir, est plutôt psychologique”, estime-t-il.

A cet égard, M. Laamouri précise que l’évaluation des précédentes expériences a montré qu’au terme d’une petite période d’adaptation de “l’heure biologique”, qui demeure en effet nécessaire, les effets positifs de cette mesure se font ressentir.

Revenant sur le volet économique, M. Laamouri souligne que le Maroc, pays pionnier dans le domaine de l’offshoring, “qui absorbe une importante proportion de chômage”, gagne à réduire l’écart de temps avec ses partenaires économiques.

Rythme biologique perturbé

Toutefois, pour les détracteurs de “l’heure à ajouter”, le problème est plus complexe.

“Je suis contre ce passage à l’heure d’été car cela casse le rythme biologique de mes enfants… et le mien par la même occasion”, s’insurge Houda. R, professeur. “Après plusieurs expériences, certains pays ont décidé de renoncer au changement d’heure, et ils ne s’en portent pas plus mal”, argumente-t-elle, se plaignant de devoir, à chaque fois, “reprogrammer toute l’électronique, les montres, les GSM etc”.

Un changement quasi inaperçu

Si ce changement est vécu avec autant de passion en ville, en milieu rural, sa portée n’est pas perçue avec la même acuité.

“Il faut quand même se dire que le changement d’heure ne concerne qu’une petite partie des actifs urbains, et qu’une grande frange des Marocains ne se sent pas concernée, car leur vie demeure rythmée par le lever et le coucher de soleil, et les heures de prière.”

Saïd, agriculteur.

Au-delà des opinions favorables ou défavorables, il n’en demeure pas moins sûr que le passage à l’heure estivale, initialement prévu pour fin mars avant son décalage d’un mois, a fait l’objet de discussions approfondies pour pouvoir réaliser les objectifs économiques escomptés, sans pour autant bousculer les habitudes des citoyens.

Que l’on soit pour ou contre, le passage à l’heure d’été sera désormais une mesure usuelle annuelle.

La bonne nouvelle est que l’heure habituelle fera son retour pendant le mois de ramadan, pour permettre d’avancer la rupture du jeûne.

Le retour définitif à l’heure légale pour l’année en cours, s’effectuera lui, le dernier dimanche du mois de septembre.

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