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Syrie : le Liban saisit des armes pour les insurgés à bord d’un navire, les combats se poursuivent

Syrie: le Liban saisit des armes pour les insurgés à bord d’un navire, les combats se poursuivent
Dernière mise à jour le 28/04/2012 à 21:05

De nouveaux combats meurtriers entre forces gouvernementales et déserteurs passés à la rébellion ont éclaté samedi en Syrie, où était attendu le nouveau chef de la mission d’observation de l’ONU, le général norvégien Robert Mood.

Ces violences interviennent alors que l’armée libanaise a annoncé avoir intercepté trois containers d’armes provenant de Libye et destinées aux insurgés qui cherchent à renverser le régime de Bachar al-Assad. Ce chargement comprenait des mitrailleuses lourdes et des obus, selon une source de sécurité libanaise.

Deux ressortissants hongrois travaillant en Syrie ont par ailleurs été enlevés par des « hommes-armés non identifiés », ont indiqué les autorités de Budapest.

Samedi, les combats ont fait au moins 10 morts parmi les déserteurs dans la région de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a également rapporté des affrontements le matin aux abords d’un palais présidentiel près de Lattaquié, sur la côte, et dans la région d’Idleb (nord-ouest) dans l’après-midi.

Vendredi, 19 personnes avaient péri dans des violences, selon l’OSDH, dont 10 civils, pour la plupart touchés par des tirs gouvernementaux lors des traditionnelles manifestations hebdomadaires qui ont rassemblé cette semaine des dizaines de milliers de personnes.

Les forces du régime avaient ouvert le feu en dépit de l’engagement de Damas de respecter le plan de l’émissaire international Kofi Annan, qui prévoit l’arrêt des violences, le retour de l’armée dans les casernes, la libération des détenus, ou encore le respect du droit de manifester.

Dans le même temps, une explosion à Damas, attribuée par les autorités à des « terroristes », avait fait 11 morts et 28 blessés, selon les médias officiels. Comme lors des précédents attentats, les autorités ont promis de « frapper d’une main de fer les terroristes » à l’origine du carnage.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a de son côté accusé samedi le « régime criminel » d’être derrière l’attentat, un « acte criminel, qui vise à saper davantage la sécurité et la stabilité dans notre pays et à terroriser notre peuple ».

Affirmant que cette attaque visait « à entraver le plan (Annan) dont aucun des points n’a été appliqué pour le moment », le CNS a également réclamé « une enquête internationale d’urgence » pour déterminer les responsabilités dans l’attentat.

La presse officielle a, elle, reproché à la communauté internationale son silence sur cet attentat, accusant les Nations unies d' »encourager les terroristes ». Pour le quotidien gouvernemental Techrine, le chef de l’ONU Ban Ki-moon « évite d’évoquer les violations perpétrées par les bandes armées et se concentre sur la Syrie, comme d’habitude ».

Téhéran et Moscou, deux grands alliés du régime, ont également imputé cette attaque à des « terroristes » qui doivent, pour la Russie, être « repoussés avec fermeté ».

Face aux violations quotidiennes du cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril, la tâche du général Mood, qui devra gérer l’arrivée de 100 autres membres de la mission d’ici un mois, sur les 300 prévus à terme, s’annonce ardue.

Les modalités de son arrivée n’ont pour l’heure pas été précisées.

Une quinzaine d’observateurs de l’ONU sont actuellement en Syrie. Selon un porte-parole de l’ONU, Neeraj Singh, huit sont désormais basés à Idleb (nord-ouest), à Deraa (sud), ainsi qu’à Homs et à Hama, villes rebelles du centre du pays.

Selon les médias officiels, une partie des observateurs s’est rendue samedi à Tartous, une ville côtière très largement épargnée par la contestation et sa répression. L’agence officielle Sana a en outre affirmé que certains observateurs avaient visité le quartier Mechaa al-Tayaran à Hama, où une explosion « terroriste » avait fait 16 morts mercredi.

Militants et ONG avaient eux accusé les troupes du régime d’avoir tué des dizaines de civils dans des bombardements à Hama, notamment sur ce quartier.

Selon Amnesty International, les violences ont fait au moins 362 morts depuis que les premiers observateurs ont entamé leur mission le 16 avril.

Après que la Turquie a menacé d’avoir recours à l’Otan pour protéger sa frontière avec la Syrie, Damas a estimé que cet appel était « en contradiction » avec le plan Annan.

Les Etats-Unis ont accusé M. Assad de ne pas respecter « la moitié de sa part du contrat » et prévenu qu’ils étaient prêts à retourner devant le Conseil de sécurité si Damas faisait échouer le plan Annan.

L’Union européenne s’est déclarée « extrêmement préoccupée » par la poursuite de la violence en Syrie, où « il est clair » que le gouvernement « ne respecte pas ses obligations ».

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un mouvement de contestation de plus en plus militarisé face à la répression du régime, qui affirme lutter contre des « groupes terroristes » armés par l’étranger.

En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts dans le pays, selon l’OSDH.

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