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Le Soudan déclare l’état d’urgence à la frontière du Soudan du Sud

Le Soudan déclare l’état d’urgence à la frontière du Soudan du Sud
Dernière mise à jour le 29/04/2012 à 20:50

Le Soudan a déclaré l’état d’urgence dans trois Etats frontaliers du Soudan du Sud dont celui du Nil Blanc où le gouverneur a ordonné l’expulsion de 12.000 Sud-Soudanais, témoignant de tensions croissantes entre les deux Etats voisins.

Le président Omar el-Béchir a déclaré l’état d’urgence dans les Etats du Kordofan-Sud, du Nil Blanc et de Sennar, à la frontière avec le Soudan du Sud, a indiqué l’agence officielle Suna, précisant que cette mesure entraîne un embargo commercial à l’encontre de Juba et la suspension de la Constitution dans les régions frontalières.

Elle survient à la suite d’un mois de combats à la frontière qui font craindre un nouveau conflit ouvert après les décennies de guerre civile (1983-2005) entre Nord et Sud.

Les deux pays ne parviennent pas à s’entendre sur les questions restées en suspens depuis la partition en juillet 2011, en particulier le tracé de la frontière et le partage des revenus pétroliers.

L’état d’urgence est en vigueur depuis près de 10 ans dans la région du Darfour, le long de la frontière occidentale avec le Soudan du Sud, et dans l’Etat du Nil Bleu depuis septembre à la suite d’une insurrection ethnique.

Le commerce transfrontalier est interdit depuis l’indépendence en juillet du Soudan du Sud, mais cette interdiction est désormais officialisée.

Après l’annonce de cette décision, le gouverneur du Nil Blanc a ordonné le départ de 12.000 Sud-Soudanais, selon l’agence Suna.

« Le gouverneur de l’Etat du Nil Blanc, Youssef al-Chambali, a confirmé avoir fixé au 5 mai le délai pour le départ des Sudistes qui attendent à Kosti » dans l’Etat du Nil Blanc, sur une aire de repos, selon Suna. « La présence de Sudistes à Kosti menace la sécurité et le climat pour les habitants de Kosti », a-t-il dit, selon l’agence.

Samedi, Khartoum a annoncé l’arrestation de quatre étrangers dans la zone disputée de Heglig suscitant une polémique dimanche, plusieurs organisations affirmant que les quatre hommes se trouvaient en territoire sud-soudanais où ils étaient en mission pour l’ONU.

Il s’agit d’un Britannique, un Norvégien, un Sud-Africain et un Sud-Soudanais qui selon Khartoum sont des « experts étrangers » venus soutenir Juba dans son « agression » contre son voisin du nord.

Mais Ashley Williams, le PDG de Mechem, une compagnie publique sud-africaine spécialisée dans le déminage, a annoncé dimanche que deux de ses employés, qui travaillaient pour un projet de l’ONU au Soudan du Sud, figuraient parmi les quatre personnes enlevées.

« Nous faisons du déminage humanitaire avec un contrat de l’ONU et nos personnels bénéficient d’une immunité onusienne complète », a déclaré M. Williams à l’AFP, assurant que ses employés, un Sud-Africain et un Sud-Soudanais, avaient été enlevés « bien à l’intérieur du territoire du Soudan du Sud ».

Le directeur régional de l’organisation norvégienne Norwegian People’s Aid (NAID), Jan Ledang, qui travaillait avec l’un des quatre hommes arrêtés, a également démenti la version de Khartoum.

« C’est impossible qu’ils aient été à Heglig », a déclaré M. Ledang, affirmant que les quatre hommes menaient une mission de suivi après un déminage à Pariang, en territoire sud-soudanais.

Au moment de l’enlèvement, le groupe circulait entre deux bases de l’ONU, et faisait route vers Bentiu dans le Soudan du Sud, selon M. Williams: « Ils se sont emparés d’eux et les ont ramenés à Heglig en voiture où ils ont dit les avoir arrêtés dans cette zone disputée ».

En outre, a-t-il estimé, leur travail est « humanitaire, donc parler d’eux comme de conseillers militaires ou ce genre de chose est totalement absurde ». Samedi soir, une porte-parole de l’ONU avait annoncé que l’une des quatre personnes enlevées étaient un employé de l’organisation.

Selon Khartoum, les quatre hommes ont un passé militaire, circulaient à bord d’un véhicule militaire, avec du matériel militaire, et enquêtaient autour de Heglig dans les décombres des combats qui ont suivi l’offensive sud-soudanaise sur cette zone pétrolière revendiquée par Juba et Khartoum.

Dans l’espoir d’obtenir le soutien d’un allié traditionnel de Khartoum dans le conflit qui l’oppose au Soudan du Sud, le ministre des Affaires étrangères du Soudan, Ali Karti, rencontre lundi à Moscou son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Ces pourparlers interviennent après le rejet samedi par Khartoum d’une décision de l’Union africaine de porter la crise entre le Soudan et le Soudan du Sud devant le Conseil de sécurité de l’ONU, en vue de résoudre le conflit.

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